Helena Barbot : « Ma fille avait la phobie des chiens à cause des contrôles à la frontière tchécoslovaque »

Helena Barbot

Originaire de Domažlice et installée depuis de longues années à Pyla-sur-Mer, dans le bassin d’Arcachon, la jeune enseignante Helena Barbot avait son premier rendez-vous avec son futur mari français sur la place de la Vieille-Ville à Prague, précisément le 21 août 1968… Le couple s’est marié en Tchécoslovaquie, car Helena ne voulait pas rompre définitivement avec son pays d’origine ni abandonner ses parents, déjà tombés en disgrâce auprès du régime communiste. Installée en France, la famille pouvait donc voyager régulièrement en Tchécoslovaquie, tout en subissant des brimades à la frontière. Plus tard, avec ses enfants alors adolescents, Helena a été témoin d’un autre tournant de l’histoire tchécoslovaque : la révolution de Velours.

Helena Barbot | Photo: Archives de Helena Barbot

Extrait :

« Enceinte de notre premier enfant, j’ai déménagé en France. À l’époque, mon français était encore rudimentaire. Mon mari, qui était maître de conférences aux Langues orientales à Paris, avait beaucoup d’amis parmi les intellectuels. Ils venaient manger chez nous et je n’étais pas à l’aise, car je pouvais parler de la vie de tous les jours, mais pas de philosophie. Parfois, j’étais même catastrophée : par exemple un jour, je décroche le téléphone et, à l’autre bout du fil, il y a Jean-Paul Sartre ! Il était comme un dieu pour moi… Il cherchait à joindre mon mari, qui enseignait l’arabe, pour lui proposer un poste à la Maison du Maroc. J’ai eu tellement peur de ne pas bien comprendre son message ! Pareil pour son numéro de téléphone qu’il m’a dicté : je n’étais pas du tout sûre de l’avoir bien noté… »

Auteurs: Marie Sýkorová , Magdalena Rejžková
mots clefs:
lancer la lecture