Le centre historique de Prague est protégé depuis 55 ans, pour le plaisir des touristes, mais pas forcément des habitants
Prague est reconnue comme l’une des plus belles villes historiques d’Europe. Pour que son caractère unique reste inchangé, son centre historique a obtenu, le 21 juillet 1971, le statut de « Réserve de monuments ». Avec quelque 895 hectares de surface, il s’agit de l’un des plus grands centres-villes protégés au monde.
La « réserve de monuments pragoise » (Pražská památková rezervace) inclut tous les classiques associés à la capitale tchèque : la Vieille Ville, le Petit côté, le quartier du Château (Hradčany), la Nouvelle-Ville, Vyšehrad ainsi qu’une bonne partie de la Vltava et de ses îles. Se côtoient dans cette zone ruelles médiévales, caves romanes, églises gothiques et palais baroques, mais aussi architecture moderne. Le tout au cœur même d’une ville qui n’a pas été détruite par la guerre ni touchée par des démolitions générales.
Patrimoine mondial de l’UNESCO
En 1992, le centre historique de Prague est inscrit sur la Liste du patrimoine mondiale de l’UNESCO. Et ce pour une raison toute simple : Prague dispose d’un panorama unique, d’une architecture exceptionnellement riche et d’un tissu urbain préservé dans un état d’authenticité insolite. Par cette inscription, la République tchèque s’est engagée à préserver cet héritage.
La vie en plein centre : beauté et défis
Les touristes et gens de passage voient le centre de Prague comme un lieu romantique à l’histoire riche. Les Pragois, eux, ont des sentiments plus mitigés. La zone correspondant à la réserve de monuments ne compte aujourd’hui plus que 45 000 habitants, à savoir moitié moins que dans les années 1980. Nombre d’immeubles ont été transformés en hôtels ou autres hébergements touristiques, ce qui fait que la vie quotidienne habituelle disparaît peu à peu du centre.
Le tourisme est une source de revenus importante pour la capitale tchèque, mais il engendre également des problèmes : rues bondées, nuisances sonores, manque de services pour les habitants et pression immobilière croissante. L’UNESCO met régulièrement en garde contre les risques de dégradation du panorama historique, comme la construction d’immeubles de grande hauteur dans les quartiers de Žižkov et Pankrác, par exemple.
Le juste équilibre
Ces dernières années, la ville s’efforce d’améliorer la situation. Elle a adopté un plan de conservation des monuments de l’UNESCO et a commencé à plus réglementer les constructions à proximité du centre-ville. Néanmoins, cet objectif – préserver la beauté et la vie quotidienne de Prague sans transformer la ville en musée en plein air destiné uniquement aux touristes – est plus facile à énoncer qu’à atteindre...






