Presse : quand Johnny Hallyday se produisait dans l’ancienne Tchécoslovaquie

Johnny Hallyday à Prague en 1966

Cette nouvelle revue de presse revient sur la commémoration du 21 août 1968, qui a pris cette année une tonalité quelque peu différente, et évoque les concerts de Johnny Hallyday dans l’ancienne Tchécoslovaquie, dans le contexte de la campagne menée par le régime communiste contre les jeunes aux cheveux longs dans les années 1960. Au sommaire également : le goût des Tchèques pour l’épargne, la fête nationale ukrainienne et un été historique en termes de météo.

Ces dernières années, la commémoration de l’anniversaire de l’occupation de la Tchécoslovaquie par les troupes de cinq pays du Pacte de Varsovie, le 21 août 1968, est en général replacée dans le contexte de la guerre en cours en Ukraine. Cette année, comme l’indique le journal Deník N, la cérémonie commémorative qui s’est déroulée traditionnellement devant le bâtiment de la Radio tchèque, a vu surgir également le thème de la défense de la radio, à la fois en tant que média incarnant les réformes de 1968 et en tant qu’actuel média de service public :

Photo: Michaela Danelová,  iROZHLAS.cz

« La commémoration organisée devant le bâtiment de la Radio tchèque à l’occasion du 58e anniversaire de l’occupation de la Tchécoslovaquie, qui devait rendre hommage aux victimes d’août 1968 et au courage de ceux qui s’étaient opposés à l’invasion soviétique, est elle-même devenue, en 2026, le théâtre d’un affrontement politique. Et ce, non seulement entre les intervenants et le public, mais aussi autour de la question de savoir qui a le droit de parler des personnages historiques et de se réclamer de leur héritage », souligne à son tour le journal en ligne Forum24.cz.

Pour une partie des personnes présentes, la Radio tchèque n’était donc pas seulement un lieu chargé d’histoire, mais aussi le symbole d’un conflit politique bien actuel. L’éditorialiste du journal, qui relève les sifflets ayant accompagné certaines interventions, notamment celle de Tomio Okamura, président de la Chambre des députés, estime toutefois :

Tomio Okamura | Photo: Tomáš Tkáčik,  ČTK

« Cela nous amène à nous demander si une cérémonie commémorative est vraiment le lieu où de tels messages doivent résonner aussi fort. La commémoration des événements d’août 1968 est censée rappeler les victimes, l’occupation, la perte de liberté, mais aussi le courage de ceux qui ont refusé de se soumettre, et non devenir une manifestation politique qui, par moments, s’est transformée en un rassemblement peu respectueux. La scène offre ainsi une preuve que, 58 ans après les événements, nous n’avons guère appris à distinguer la mémoire historique des luttes politiques actuelles. »

Quand Johnny Hallyday se produisait dans l’ancienne Tchécoslovaquie

Le quotidien Deník N évoque également le souvenir d’une campagne massive à l’échelle nationale lancée dans les années 1960 par le régime communiste tchécoslovaque et dirigée contre les jeunes aux cheveux longs :

« Le régime communiste ne dictait pas seulement aux citoyens ce qu’ils devaient faire ou dire, mais aussi la manière dont ils devaient paraître. Les jeunes aux cheveux longs étaient ainsi considérés comme des parasites débauchés, sur lesquels toute personne respectable se devait de cracher. Lancée en 1966, la campagne menée contre eux avait pour objectif d’éradiquer ce prétendu fléau une fois pour toutes. »

"Máničky" au restaurant à Ústí nad Labem | Photo: Archive de Milan Pekky Bouška

Beaucoup de jeunes, à l’aube de l’âge adulte, ont alors vécu des moments difficiles, des coups de matraque, des coupes de cheveux brutales. Et surtout, comme le rappelle le journal, un sentiment d’humiliation qui, bien souvent, est resté comme un souvenir amer de « cet âge d’or » des années 1960 :

« C’est précisément la musique qui constituait le principal ciment de cette jeunesse chevelue. L’émergence de groupes comme les Beatles ou les Rolling Stones incitait certains jeunes Tchécoslovaques à se laisser pousser les cheveux. A mesure que leur nombre augmentait, les affrontements avec la police se multipliaient. Les interventions les plus brutales, qui ont donné lieu à des poursuites judiciaires, se sont produites lors de concerts de vedettes étrangères, notamment celui du groupe britannique Manfred Mann, en octobre 1965 à Prague, et ceux de Johnny Hallyday, en juin 1966 à Liberec puis, cinq jours plus tard, à Plzeň. Le chanteur français s’était également produit à Prague à cette époque. »

Au départ, les autorités et les médias désignaient ces jeunes aux cheveux longs par le terme « mánička », dont l’origine n’est pas tout à fait claire mais qui pourrait faire référence à la marionnette Mánička appartenant au célèbre duo Spejbl et Hurvínek. Le terme « vlasatci » (les chevelus) n’a commencé à être utilisé que plus tard.

La Tchéquie, championne de l’épargne au sein de l’UE

Les Tchèques comptent parmi les Européens qui épargnent le plus. Les ménages tchèques mettent de côté environ un cinquième de leurs revenus, une proportion particulièrement élevée à l’échelle européenne. Selon un article publié sur le site Seznam Zprávy, les Tchèques ont pris, ces dernières années, l’habitude d’épargner une part exceptionnellement importante de leurs revenus. En 2024, la Tchéquie occupait ainsi la deuxième place de l’Union européenne en matière d’épargne, juste derrière l’Allemagne, tandis que la moyenne européenne s’établissait à 14,5 % :

Photo illustrative: René Volfík,  iROZHLAS.cz

« Cette tendance a commencé pendant la pandémie, lorsque les possibilités de dépenser étaient fortement limitées par les restrictions sanitaires. Une fois celles-ci levées, on s’attendait à ce que les ménages commencent progressivement à utiliser une partie de l’argent ainsi accumulé. Mais cette évolution s’est poursuivie, même après que l’économie recommence à fonctionner normalement. La guerre en Ukraine, la crise énergétique et la forte vague d’inflation qui a suivi ont entravé cette dernière. Les ménages ont donc continué à épargner durant la crise énergétique et la période de forte inflation, et leur propension à mettre de l’argent de côté reste encore élevée aujourd’hui. Le début de cette année n’a d’ailleurs pas marqué de changement majeur. Malgré des perspectives économiques plutôt favorables, les économistes s’attendent à ce que le taux d’épargne ne diminue que progressivement. »

Seznam Zprávy indique également que la manière dont les ménages placent leur épargne a changé. Pendant la pandémie, ce sont surtout les dépôts bancaires qui ont augmenté. Depuis, c’est l’intérêt pour les actions et les parts de fonds d’investissement qui est en hausse.

La fête nationale ukrainienne, un défi lancé aux Européens

Ce lundi, l’Ukraine a célébré ses trente-cinq ans d’indépendance. L’occasion pour le quotidien Hospodářské noviny de rappeler que depuis un tiers de cette période, elle est confrontée à l’agression russe, qui, depuis quatre ans et demi, prend la forme d’une invasion à grande échelle :

Photo: Vitalija Tokarčuk,  Radio Prague Int.

« Le simple fait de constater cette réalité ne peut que susciter l’effroi chez ceux qui ne sont pas encore devenus insensibles et indifférents face aux informations quotidiennes sur les événements sur le front et dans l’arrière-pays, bombardé par les drones et les missiles russes. Aucun Etat européen n’a connu de situation similaire au cours des dernières décennies. Mais malgré tous les problèmes liés à la guerre ou à la corruption, la société ukrainienne fait preuve d’une grande résilience et d’une capacité non seulement à faire face à l’invasion russe, mais aussi à se reconstruire. »

Selon le journal économique, la fin de l’agression russe n’est pas en vue et beaucoup de choses vont sans doute se jouer au cours de l’hiver à venir. « L’hiver dernier, l’Ukraine s’en est sortie de justesse, alors que les Russes avaient bombardé ses infrastructures énergétiques » rappelle-t-il avant d’insister :

« Cette fête nationale ukrainienne est donc avant tout l’occasion pour les Européens de mener une réflexion sur eux-mêmes. Du moins pour ceux qui n’ont pas encore relégué la guerre, qui se déroule à l’est du continent, au fond de leur esprit. »

L’été 2026 entrera dans les annales de la météorologie tchèque

« L’année 2026 n’est pas encore terminée, mais il est d’ores et déjà certain que cet été s’inscrira dans les annales de la météorologie tchèque ». Voilà ce dont fait part le site Novinky.cz qui rapporte :

La canicule | Photo illustrstive: Zuzana Jarolímková,  iROZHLAS.cz

« La canicule a battu des records absolus. Auparavant extrêmement rares, des températures supérieures à 40 °C, ont été enregistrées pendant cinq jours, et des vagues de chaleur ont même touché des régions où elles ne s’étaient encore jamais produites. Le record absolu de température en République tchèque a également été battu. Le 28 juin, on a enregistré 41,9 °C à Doksany. Le précédent record, datant de 2012, a été dépassé de 1,5 °C. Au vu des tendances à long terme, cela s’apparente à un signe avant-coureur du climat à venir. »

Selon l’Institut hydrométéorologique tchèque, plus des trois quarts des stations disposant d’une série de mesures d’au moins trente ans ont dépassé leurs records de température précédents. Or, comme l’indique le site Novinky.cz, les records absolus battus dans tout le pays tout comme la fréquence des températures supérieures à 40 °C illustrent sans doute le mieux le caractère exceptionnel de la canicule de cette année.