Nouvelles Mardi, 08. SEPTEMBRE, 1998

r_2100x1400_radio_praha.png

-OM-

Réactions à des explosions

A propos de la bombe dont l'explosion a blessé deux touristes, rue Jilska, au centre de Prague, c'est toujours régime silence dans les milieux de la police. Tout ce que l'on sait, c'est que la police ne sait pas si cette explositon a une liaison avec celle de jeudi dernier, rue Legerova. Deux explosions en quatre jours, voilà qui n'a pas laissé indifférents les citoyens de la capitale tchèque, lit-on dans une dépêche de l'agence allemande DPA, qui cite une vendeuse d'une pizzeria, non loin du lieu de la seconde explosion. "Oui, j'ai peur, a-t-elle dit. Rien n'est arrivé de grave, mais les choses auraient pu être autrement". L'agence relève que cette explosion a atteint la vie politique pragoise à un moment crucial, le gouvernement étant en train d'examiner la création d'émissions d'Europe libre dirigées vers l'Iran.

Réactions aux explosions

La sécurité dans le pays n'est en aucun cas menacée et les deux dernières explosions survenues à Prague ne sont pas des manifestations de terrorisme. Ce sont les propos revenus en substance, ce lundi, dans des déclarations à l'agence de presse CTK, des deux derniers ministres de l'Intérieur, respectivement le chrétien-démocrate Cyril Svoboda et Jan Ruml, président de l'Union de la liberté. "Entre ces deux explosions il y a une relation de temps et non pas une relation objective", a dit Svoboda. Il a ajouté que tout ce que ces deux explosions montrent est que la priorité des priorités pour le gouvernement reste la sécurité des citoyens. Quant à Jan Ruml, il a surtout attiré l'attention sur l'effet boule de neige de pareilles explositions. "Cela veut dire, a-t-il dit, que différents exhibitionnistes et des déséquilibrés mentaux imitent ce qu'ils voient à la télévision, car pareilles explosions sont toujours très attractives au plan médiatique".

Zeman annonce son départ de la politique

Milos Zeman voudrait quitter le pouvoir avant que celui-ci ne le quitte. "Je m'en vais dans quatre ans", a-t-il déclaré en substance à Pravo à qui il a donné la prime de cette révélation du Premier ministre tchèque. C'est peut-être l'une des grandes révélations du mois. Milos Zeman trouve que les hommes politiques tchèques ne savent pas partir à temps et se considèrent souvent comme indispensables. Cette révélation, nous la devons, selon lui, aux membres du parti, car, en ce qui le concerne, il n'a rien voulu anticiper. Une anticipation dont il est attendu, ainsi que le Premier ministre voit les choses, qu'elle apporte au-devant de la scène de nouvelles personnalités.

L'ODS et le départ de Zeman

Selon les milieux politiques de l'ODS de l'ex-Premier ministre, Vaclav Klaus, à la fois rival et associé à la Chambre de Milos Zeman, si ce dernier a rendu publique son intention de quitter dans quatre ans la politique active, c'est sans doute pour avoir, à l'avance, un alibi pour un départ inévitable, sachant qu'en quatre ans il lui sera tout simplement impossible de remplir toutes ses promesses électorales.

Des politologues et l'annonce de Zeman

Quant aux politologues, ils ont des points de vue divergents sur les raisons qui ont poussé Zeman a déclarer son départ de la politique quatre ans à l'avance. Selon Jiri Pehe, le chef des sociaux- démocrates n'a rien fait qu'ouvrir un espace pour la recherche de son remplaçant. Quant à Bohumil Dolezal, il estime que le véritable objectif de Milos Zeman est d'avoir les mains libres pour mettre de l'ordre aussi bien dans le gouvernement que dans le parti où une lutte sans merci a commencé pour les postes. Enfin Rudolf Kucera pense que ce faisant Zeman cherche surtout à dégager toute responsabilité quant à l'activité de son gouvernement.

Le problème des Allemands des Sudètes

Le Premier ministre polonais, Jerzy Buzek, a rejeté ce lundi les demandes répétées et adressées à la Pologne et la République tchèque, par "l'Union des Allemands transférés" -il s'agit de transferts consécutifs la Seconde guerre mondiale - et a qualifé cette organisation de "groupes extrémistes". Quant au chef de la diplomatie polonaise, Bronislaw Geremek, il s'agit là d'un dossier clos définitivement et pour toujours en ce qui concerne la Pologne. Quant à la République tchèque, elle n'a toujours pas réagi à ces demandes tendant à obtenir le droit au retour et au dédommagement.