Pétition contre certaines stipulations de la loi sur l'enseignement
En vigueur seulement depuis le 30 décembre 2004, la nouvelle loi sur l'enseignement fait d'ores et déjà l'objet de vives critiques.
Vaclav Klaus, directeur d'un lycée de Prague 8 et fils du président de la République, est l'un des auteurs de la pétition. Qu'est-ce qui le gêne le plus dans cette loi:
"Les enfants et les parents sont limités dans leur liberté de choix pour leur future profession. Ils n'ont qu'une seule possibilité de choisir entre les écoles secondaires ce qui est une limitation administrative insensée de leur droit et qui aura pour résultat que beaucoup d'enfants ne pourront pas étudier dans les écoles répondant à leurs capacités, du simple fait qu'ils n'avaient pas réussi, pour les raisons les plus diverses, au premier tour des examens."Qu'est-ce que cette limitation signifiera dans la pratique?
"Elle signifiera qu'une seule journée décidera de façon irréversible de l'avenir de l'enfant concernant ses études à venir. Bref, il faudra choisir, après y avoir longuement réfléchi, une école où la chance d'être admis approche des 100%, car en cas d'échec, les écoles qui resteront, au deuxième tour, seront celles qui ne jouissent pas d'un grand intérêt. Ainsi, l'enfant qui ne réussit pas ses examens, sera obligé d'aller étudier, par exemple, dans un lycée professionnel. Ce système expose les parents et les étudiants à un stress intense. En plus, c'est un système de liquidation des écoles ambitieuses, les plus recherchées, car par crainte ne pas réussir au premier tour, les parents préféreront ne pas risquer et ils n'y enverront pas leur enfant. Au lieu d'élargir les possibilités, ce système nous rapproche de celui qui avait cours ici sous le communisme."
La pétition contre certaines stipulations de la loi sur l'enseignement est soutenue par l'Association des écoles privées en République tchèque. Celle-ci considère la possibilité de ne présenter qu'une seule demande d'inscription comme une limitation de la liberté de l'entreprise stipulée par la Charte des droits et des libertés et la trouve discriminatoire au regard du droit de l'enfant à l'accès libre à l'enseignement.
La ministre de l'Education nationale, Petra Buzkova, rejette ces critiques. Elle est convaincue de l'utilité du nouveau système puisqu'il permettra de mieux occuper les places dans les écoles secondaires. Selon elle, l'organisation d'un seul tour des examens d'admission augmentera les chances des candidats par rapport aux années précédentes. « La pétition est sans fondement, car la loi ne limite pas l'accès à l'enseignement », souligne-t-elle. Il n'empêche que les autorités devront s'en occuper. Jusqu'ici, plus de 1300 signatures ont été réunies et leur nombre ne cesse d'augmenter.




