Rentrée ministérielle

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Fin des vacances pour le gouvernement tchèque. Après trois semaines environ, le conseil ministériel a ouvert, mercredi, toute une série de dossiers. Cinquante au total. Jan Uhlir en a retenu deux qui feront certainement parler d'eux dans les semaines à venir.

Il est question, de deux projets de lois que le cabinet a approuvés et qu'il soumettra à la Chambre des députés, dès que celle-ci occupera les bancs parlementaires après les vacances d'été. Le premier projet, celui concernant la loi constitutionnelle sur le référendum, ne sera en réalité qu'une nouvelle tentative de mettre en place cet élément de démocratie directe. Elément, il faut le préciser, stipulé par la Constitution, pourtant vide de contenu depuis l'entrée en vigueur de cette loi suprême, il y a plus de huit ans. Conscient de l'échec de tous ses prédécesseurs, le vice-Premier ministre Pavel Rychetsky, auteur du présent projet de loi, a, certes, atténué certaines formulations inadmissibles a priori pour les adversaires du référendum en tant que tel. Tout indique quand même que son projet n'aura pas une grande chance de réussir à la Chambre. La droite représentée par le Parti civique démocrate et l'Union de la liberté s'y oppose tout court, alors que les chrétiens-démocrates, partisans, eux, du référendum, ne manquent pas non plus de réserves à l'égard du projet Rychetsky. Une chose est toutefois certaine : même si la loi sur le référendum était adoptée, elle le serait trop tard pour qu'elle puisse être appliquée dans le cas de la centrale nucléaire de Temelin. Malgré des centaines de signatures réunies sous la pétition des écologistes tchèques.

L'autre projet de loi approuvé, ce mercredi, par le cabinet est nettement moins controversé. Il vise à garantir une meilleure protection des témoins faisant déposition en justice. Une formation spéciale devrait se constituer auprès de la police, qui serait chargée exclusivement de ce programme de protection des témoins menacés réellement ou potentiellement par des gangsters. Le projet de loi prévoit aussi un changement d'identité en cas de nécessité. Et même le déménagement des témoins et de leurs familles à l'étranger. La justice tchèque veut ainsi réagir à l'expansion des mafias et du crime organisé en général dans le pays ces derniers temps. On sait combien il est difficile, sinon impossible, de pénétrer leurs structures de l'extérieur. Le droit à cette protection spéciale serait jugé individuellement, le mot décisif incombant au ministre de l'Intérieur. Dans les cas justifiés, il serait reconnu aussi aux policiers, aux juges et procureurs, ainsi qu'aux interprètes. Bien qu'il soit probable, voire très probable, que ce projet de loi subira quelques modifications lors du débat de la Chambre des députés, on ne s'attend pas à ce qu'il soit rejeté carrément. Un match nul, donc, pour le cabinet Zeman ?

Auteur: Jan Uhlir
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