Selon Transparency International, la Commission européenne a confirmé le conflit d’intérêts d’Andrej Babiš

En réponse à une requête juridique et analytique déposée en mai dernier par Transparency International (TI), la Commission européenne a adressé un courrier à l’organisation de lutte contre la corruption dans lequel elle confirme qu’elle considère qu’Andrej Babiš se trouve toujours en situation de conflit d’intérêts et que les mesures prises par le Premier ministre pour résoudre le problème sont insuffisantes.

Cette lettre émane de la Direction générale de l’agriculture et du développement rural de la Commission, dont TI a publié un passage sur son site : « Après avoir examiné les informations fournies par les autorités nationales tchèques, la Commission est parvenue à la conclusion que la situation de M. Babiš constitue un conflit d’intérêts au sens de l’article 61, paragraphe 3, du règlement financier de 2024 et que les mesures actuellement mises en œuvre et qui ont été notifiées à la Commission sont insuffisantes pour résoudre ce conflit d’intérêts conformément à l’article 61, paragraphe 1, dudit règlement. »

En septembre, la Commission européenne avait déjà indiqué dans une lettre adressée aux autorités tchèques qu’elle ne considérait pas comme suffisantes les mesures prises par Andrej Babiš, fondateur du groupe agro-industriel Agrofert, pour pouvoir exercer ses fonctions de Premier ministre. Elle avait notamment souligné que les bénéficiaires potentiels du nouveau fonds fiduciaire RSVP Trust, dans lequel Andrej Babiš a transféré ses parts dans la holding Agrofert, étaient les descendants de ce dernier et que celui-ci avait par conséquent accès aux informations concernant les actifs du fonds, et ce bien qu’il affirme donc ne pas en être propriétaire. Pour cette raison, la Commission a suspendu pour six mois le délai de versement d’une subvention de 3,18 millions d’euros provenant du Fonds européen agricole pour le développement rural.