Tennis – Fed Cup : les Tchèques passent du rêve au cauchemar
L’équipe féminine de République tchèque ne disputera pas la finale de la Fed Cup. Favorites en l’absence des sœurs Williams, les Tchèques ont été battues (2-3) par les Etats-Unis, dimanche, à Brno. Une énorme déception pour le tennis tchèque, qui espérait disputer sa première finale depuis vingt-et-un ans.
Un point. Il n’aura manqué qu’un seul petit point à l’équipe féminine de République tchèque de tennis pour battre les Etats-Unis et se qualifier pour la première finale de Fed Cup depuis 1988. Mais alors qu’elle menait un set à zéro, cinq jeux à deux et 40-30 dans la deuxième manche, la paire composée d’Iveta Benešová et de Květa Peschkeová n’a pas su tirer profit de la balle de match qui s’offrait à elle. Un retour trop long de quelques centimètres de Peschkeová a remis les deux équipes à égalité et relancé complètement les Américaines. Liezel Huber et Bethanie Mattek-Sands remportaient alors d’abord leur jeu de service puis le deuxième set au tie-break pour finalement s’imposer en trois manches (2-6, 7-6, 6-1) et offrir une qualification inespérée à leur équipe. En l’espace de quelques minutes et de quelques points, le match, dominé jusqu’alors de la tête et des épaules par les Tchèques, a changé de physionomie, comme l’expliquait à la sortie du court Květa Peschkeová, au moment de revenir sur cette fameuse balle de match :« Je pense avoir bien retourné pendant toute la partie. Malheureusement, sur la balle de match, mon retour est sorti de quelques centimètres. C’est d’autant plus dommage que c’était une faute directe sur une deuxième balle de l’Américaine. Ensuite, nous avons continué à nous battre mais les Américaines ont quand même remporté le jeu. L’autre gros regret, c’est d’avoir perdu dans la foulée mon service alors que nous menions 5 à 3 et que je servais pour le gain du match. Nous avons été moins entreprenantes, il y a eu une volée ratée, plusieurs premières balles que je n’ai pas passées, plein de petites choses qui ne doivent pas arriver dans ces moments-là. Après, c’est devenu de plus en plus difficile pour nous. Il fallait conclure mais on ne l’a pas fait. »
Face à des Tchèques conscientes d’avoir laissé passer leur chance, la troisième manche devenait ensuite une formalité pour les Américaines, qui s’imposaient six jeux à un. Le capitaine tchèque, Petr Pála, avait lui aussi bien du mal à y croire :
« Il ne nous a vraiment pas manqué grand-chose. Mais plus que cette balle de match, je regrette surtout que nous n’ayons pas remporté notre jeu de service qui suivait alors que nous menions cinq jeux à trois. Květa Peschkeová avait très bien servi jusqu’à ce moment du match et j’étais persuadé qu’elle le ferait encore dans ce dernier jeu. Ca n’a pas été le cas, c’est le plus dommage. » En l’absence des sœurs Venus et Serena Williams dans le camp américain, pas motivées par cette demi-finale de Fed Cup, les Tchèques faisaient figure de favorites avant le début de la rencontre. Mais l’héroïne du week-end a été la jeune Américaine Alexa Gratch, qui, malgré ses 19 ans et sa modeste 114e place au classement mondial, a remporté ses deux simples et ainsi permis à son équipe d’aborder le cinquième et dernier match, le double décisif, à égalité de points (2-2) avec les Tchèques. Pour ces dernières, il s’agit donc d’une grande désillusion, elles qui avaient la possibilité unique de disputer une finale de Fed Cup après de longues années d’attente. En finale contre l’Italie, qui a causé l’autre surprise du week-end en venant à bout de la Russie double tenante du titre, les Tchèques auraient en outre eu toutes leurs chances pour succéder au palmarès à leurs illustres aînées Helena Suková et Jana Novotná, qui composaient l’équipe victorieuse en 1988. Une époque glorieuse du tennis féminin tchèque pour laquelle il faudra donc encore faire preuve de patience avant de la revivre.




