Un projet controversé

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Le Club de la vieille Prague proteste contre la décision du ministre de la Culture d'autoriser la construction d'un cube en verre au premier plan du panorama des quartiers historiques de la capitale tchèque. Vaclav Richter.

C'est une cage d'escalier couronnée d'un cube en verre qui dépassera de presque trois mètres le toit des Moulins Sova, édifice situé au bord de la Vltava. On est en train de reconstruire cet édifice qui doit devenir musée d'art moderne et abriter la collection d'objets d'art, réunie au cours de la seconde moitié du 20ème siècle par la mécène et historienne d'art, Meda Mladkova. Le cube qui ne figure pas dans le projet de reconstruction initial a été rejeté par toutes les institutions de protection du patrimoine. Meda Mladkova insistait cependant sur la construction du cube qui devait attirer l'attention des visiteurs de son musée. Elle menaçait même d'annuler le projet et de retirer sa collection. Finalement, malgré la désapprobation quasi générale, le ministre de la Culture, Pavel Dostal, a provoqué un tollé parmi les experts de protection des monuments historiques en tranchant en faveur du cube. Bien que ce soit une décision sans appel, le Club de la vieille Prague ne rend pas les armes. Ses membres sont convaincus que la décision du ministre est une violation de la loi sur la protection des monuments historiques. En ce moment l'affaire est examinée par les juristes qui cherchent la meilleure procédure pour attaquer à la décision ministérielle. L'affaire risque d'être lourde de conséquences car elle peut inspirer d'autres investisseurs dont les projets pourraient altérer le caractère historique du centre de la capitale. C'est ce que pense l'architecte Martin Krise du Club de la Vieille Prague. Il constate qu'il est de plus en plus difficile de faire face à ce genre de pression...

"Ces cas sont fréquents, dit-il, et dans la majorité, ils finissent par nuire aux monuments. Dans ce cas précis ils nuisent au caractère historique du site..." Ce qui est alarmant dans cette affaire, d'après Martin Krise, c'est le fait que le ministre n'a pas respecté les décisions de toutes les institutions qui lui sont soumises. "C'est un coup grave asséné à l'ensemble des organes de protection des monuments historiques, " souligne l'architecte.