Un Tchèque de 19 ans met au point des lunettes innovantes pour malvoyants

« Hope to See » est le nom d’une start-up tchèque fondée par les élèves d’un lycée de Plzeň, en Bohême de l’Ouest. Elle fabrique des lunettes innovantes imprimées en 3D qui permettent aux malvoyants de se déplacer sans assistance.

Ondřej Toman | Photo: Hope to See

Ondřej Toman, 19 ans, est à l’origine de ce projet inédit en Tchéquie. « Ma grand-mère souffre de déficience visuelle. Il lui est arrivé plusieurs fois de monter dans le mauvais bus, parce qu’elle s’est trompée de numéro. Alors j’ai commencé à réfléchir comment l’aider », a-t-il raconté récemment au magazine Forbes.

Avec ses trois amis du lycée František Křižík et d’un lycée technique de Plzeň, tout aussi passionnés de que lui par l’informatique, Ondřej a mis au point des lunettes très spéciales : grâce à une caméra, à l’intelligence artificielle et à la conduction osseuse du son, cet appareil imprimé en 3D rend les personnes aveugles et malvoyantes plus autonomes.

À l’intérieur du dispositif se trouvent un micro-ordinateur, une caméra intégrée et un bouton de commande. Lorsque l’utilisateur appuie dessus, les lunettes prennent une photo de ce qui l’entoure. Elles envoient ensuite cette image via le cloud à Gemini. L’intelligence artificielle de Google reconnaît par exemple le numéro d’un bus ou le texte d’un manuel scolaire. Elle prépare ensuite un enregistrement que les lunettes diffusent à leur utilisateur sous forme de vibrations sur les pommettes.

Ondřej Toman souligne que le son n’est pas transmis par les oreilles, mais qu’il passe à travers le crâne, ce qui permet à la personne malvoyante d’entendre à la fois ce que « disent » les lunettes et ce qui se passe autour d’elle : d’entendre donc aussi par exemple les voitures qui passent ou les autres personnes qui parlent.

Photo: Hope to See

« L’appareil est capable de décrire l’environnement à son utilisateur, de reconnaître les obstacles et de le guider en toute sécurité sur son chemin, sans limiter l’ouïe, soit son sens le plus développé », explique Ondřej Toman.

Il souligne encore que les lunettes, dont l’équipe de la start-up assure la fabrication du début jusqu’à la fin, sont vendues entre 6 et 8 000 couronnes (205 à 330 euros), soit la moitié du prix de produits similaires sur le marché. D’ici la fin de l’année, 200 premières paires de lunettes seront distribuées aux enfants des établissements pour déficients visuels à Plzeň, ainsi qu’aux enfants d’une école maternelle à Ostrava.

Car ces lunettes innovantes ont encore une autre particularité : imprimées sur mesure, elles peuvent être adaptées à différentes tailles et formes de visage et conviennent donc même aux enfants.

L’équipe de start-up tchèque Hope to See | Photo: Hope to See

Lauréat de nombreux concours nationaux et internationaux, le projet « Hope to See » est déjà sollicité par plusieurs entreprises tchèques. Il ne sera véritablement commercialisé que l’année prochaine, lorsque ses auteurs, actuellement en Terminale, auront passé leur baccalauréat et pourront s’y consacrer pleinement.