Une petite colline de glace

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Salut à tous les tchécophiles de Radio Prague – Ahoj vám všem, milovníkům češtiny Radia Praha ! C’est l’été – leto – sur Radio Prague aussi, on a chaud à Radio Prague aussi, on mange des glaces dans les bureaux de Radio Prague aussi… Et on se dit que ça pourrait intéresser nos auditeurs qui préparent un séjour en République tchèque pendant l’été ! Préparez-vous, après le Tchèque du bout de la langue de cette semaine, les glaces tchèques – zmrzliny – n’auront plus de secret pour vous…

Si vous pensiez que les Français étaient les seuls à faire le rapprochement entre le froid que subissent les esquimaux et les bâtonnets glacés si appréciés l’été, vous vous trompez !

La langue tchèque n’utilise pas directement le mot Eskymák pour désigner le fameux bâtonnet, mais un mot beaucoup plus tiré par les cheveux : nanuk. Le mot est arrivé dans le pays via un documentaire de 1922 de Robert J. Flaherty, Nanook of the North. Comme son titre l’indique, le film traite d’un personnage esquimau, Nanook (transcrit en tchèque Nanuk, prononcé à la française Nanouk), et de son rapport au froid et à la nature.

Pas de nanuks...
En plus d’être un film très important pour l’industrie du cinéma en général et du documentaire en particulier, considéré comme le premier film ethnographique, Nanook a révolutionné l’histoire de la glace tchèque en la parant d’un nom tout à fait charmant. Il est intéressant de noter que Nanook n’est pas un personnage mais un dieu inuit – le dieu des ours blancs ; et que, aujourd’hui encore, les Tchèques discutent de savoir s’il faut parler d’ Eskymák, d’Inuita ou de Nanuk pour désigner celui qui vit dans le froid. Notons enfin que le nanuk tchèque le plus populaire est Míša– littéralement l’ourson – un nanuk au fromage blanc, tvaroh, nature, à l’abricot, ou à la fraise, et recouvert d’une fine couche de chocolat…

Pan Novák et paní Nováková
Loin de nous l’idée de dénigrer l’intérêt estival du nanuk, il est néanmoins plus que temps de vous familiariser avec un des mots les plus mélodieux de la langue tchèque : zmrzlina– la glace. Répétez donc : zmrzlina, zmrzlina, zmrzlina, zmrzlina… De jahodová zmrzlinaà čokoládová zmrzlina en passant par ořechová zmrzlina (fraise, chocolat, noisette) sans oublier la fameuse ruská zmrzlina, la glace russe : une crème glacée nature présentée en petit bloc pour une personne entre deux oplatky, tranches de gaufrette. Il est intéressant et pratique de savoir que les Tchèques, chez le glacier – zmrzlinář, ou plus souvent à la pâtisserie, cukrárna, ne commandent pas une « boule » de glace qui se dirait koule, mais un kopeček, mot qui se traduirait par « petite colline » - puisque kopec désigne la colline, ou monticule, motte, petit tas… Attention donc à vous faire comprendre!

Un mot qui fait rêver tous les Tchèques et qui vous fera rêver dès que vous l’entendrez, c’est le zmrzlinový pohár– la coupe de glace, traduction littérale, puisque pohár est une coupe et zmrzlina, une glace. Et ce n’est pas fini ! Les Tchèques n’ont rien à envier à nos Dame Blanche et autres Pêches Melba – leurs desserts glacés ont des noms plus délicieux les uns que les autres.

Ecoutez plutôt : zmrzlinový pohár Duha, l’arc-en-ciel, glace à la vanille avec de la liqueur d’œuf, zmrzlinový pohár Carmen, avec des morceaux de fraises, zmrzlinový pohár Pařížská noc, la nuit parisienne, avec des poires, de la liqueur de chocolat et du sirop de grenadine, ou encore notre préféré, le zmrzlinový pohár Žďár, créé par un glacier de Žďár nad Sazavou, Martin Novotný, en l’honneur de sa jolie ville : glace à la pistache avec coulis d'abricot et saupoudré de framboises…

Et c’est sur cette image de pistache – abricot – framboise que se referme ce « Tchèque du bout de la langue » consacré aux délices glacés de Bohême et de Moravie. En attendant de vous retrouver la semaine prochaine, portez-vous du mieux possible – mějte se co nejlíp !, portez le soleil en vous – slunce v duši, salut et à bientôt – zatím ahoj !