Une société tchèque installe « les plus grands joyaux du monde » dans un hôtel de luxe à Saipan

Photo: archive of Lasvit

L’île de Saipan, à la limite de l’océan Pacifique et de la mer des Philippines, abrite un face-à-face impressionnant, celui de deux gigantesques dragons de plusieurs dizaines de mètres de long. Après une année de conception et une autre de réalisation, suivies de six mois d’installation, ces géants de cristal et de métal, œuvre de la société tchèque Lasvit, ont été dévoilés au public il y a quelques jours.

Photo: Lasvit

Deux ans et demi, c’est le temps qu’aura nécessité la réalisation du dernier projet spectaculaire de l’entreprise tchèque Lasvit, de sa conception à son aboutissement. Les deux dragons composés de cristal et d’acier sont désormais suspendus à quelques mètres de hauteur dans le hall d’un grand hôtel sur l’île de Saipan, dans l’archipel des Mariannes rattaché aux Etats-Unis.

Fondée en 2007, la société tchèque fait vivre une tradition tchèque qui remonte à plusieurs siècles, celle de la fabrication du verre, et est aujourd’hui un leader dans ce domaine, avec des bureaux à New York, Londres, Paris, Milan, Dubaï et Hong Kong. Si Lasvit a déjà réalisé des œuvres dans le monde entier, le projet des dragons est à ce jour le plus ambitieux de l’entreprise, explique son fondateur et président Leon Jakimič.

Leon Jakimič, photo: Alžběta Švarcová, ČRo
« Les dragons sont installés à Saipan, une des principales îles Mariannes avec Guam, dans un des plus grands hôtels de l’île, construit par un promoteur chinois pour un grand casino. L’hôtel est principalement destiné à une clientèle chinoise, alors quoi de mieux en exposition qu’un dragon chinois – et donc, pourquoi ne pas en exposer deux ? Chaque dragon mesure plus de cinquante mètres de long et pèse vingt tonnes, chacun avec des millions de cristaux, pièces de métal et composants électriques qui pendent du plafond. En fait, l’installation a été encore plus difficile que la fabrication. »

Les deux dragons constituent une prouesse technique de réalisation. Leur corps est constitué d’une structure recouverte d’environ 13 000 écailles en acier inoxydable. Ces écailles sont elles-mêmes dotées de plus de 2,5 millions de cristaux fins, les mêmes que ceux que l’on trouve normalement dans les boucles d’oreilles, qui ont été fixés sur les écailles à la main.

Les dragons possèdent également 300 000 diodes LED fixées sur tout le corps, permettant aux 700 mètres carrés de la surface de leur corps de s’illuminer de différentes couleurs. L’effet produit est saisissant. Les moustaches des dragons sont elles-mêmes énormes, les plus longues mesurant 6,5 mètres.

Cela a pris deux ans et des centaines d’artisans tchèques pour faire vivre les plans, explique Leon Jakimič :

« Nous sommes des patriotes, donc nous voulons tout produire en République tchèque. Le verre, les cristaux sont fabriqués ici, dans nos propres usines. Avec ces grandes installations, la tendance à Londres, Paris et partout ailleurs est de combiner le verre et l’acier. Nous nous procurons cela ici, ainsi que les composants électroniques. Nous avons deux usines tchèques, et une à Shanghai qui fournit le marché chinois. »

Photo: Lasvit
Selon Leon Jakimič, avec le projet du dragon, la société Lasvit a repoussé les limites de ce qui pouvait être réalisé en verre et en métal. En effet, les géants de verre sont installés dans une région où les tremblements de terre sont fréquents. Ils ont donc été conçus de manière à pouvoir résister à un séisme de magnitude 7.

L’installation en elle-même a été complexe. Pendant six mois, les techniciens de Lasvit ont passé une dizaine d’heures par jour à l’intérieur des structures, devant gérer un potentiel mal de mer dû au balancement des installations suspendues au plafond.