Une solution temporaire

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Ils se sont arrêtés au bord d'un gouffre, constate le journal Mlada fronta Dnes à propos d'un litige qui oppose depuis quelques jours le Président Vaclav Havel et le cabinet Milos Zeman. Vaclav Richter résume la dernière étape de cette affaire.

Il y a quelques jours, le Président Havel a nommé au poste de gouverneur de la Banque nationale tchèque Zdenek Tuma, ancien vice-gouverneur de la Banque. Le cabinet s'est fermement opposé à cette nomination et a tâché d'invalider la décision du Président en affirmant qu'elle devait être contresignée, conformément à la loi, par le Premier ministre. Pourtant, personne n'a osé mettre en cause les qualités professionnelles de Zdenek Tuma. Ce banquier relativement jeune, considéré comme un partisan de la politique monétaire restrictive, n'est lié ni avec la social-démocratie au pouvoir ni avec le Parti civique démocrate, deux formations principales sur l'échiquier politique tchèque. Comme ni le Président ni le cabinet n'avaient l'intention de céder, leur conflit risquait de dégénérer en une crise et d'ébranler la stabilité de la monnaie tchèque. Lundi, cependant, les deux parties ont montré leur volonté de chercher une issue à l'impasse. Vaclav Havel, qui avait interrompu sa convalescence pour assister à la réunion du Conseil des ministres, a reçu avec satisfaction la décision du cabinet de ne mettre en cause ni la nomination de Zdenek Tuma, ni celles des gouverneurs précédents de la banque centrale. Le Président s'est déclaré satisfait également de l'intention du gouvernement de présenter le problème de nomination du gouverneur de la banque centrale à la Cour constitutionnelle. Quant aux membres du cabinet, ils semblaient se ménager un échappatoire. Tout en promettant de ne pas mettre en cause, avant le verdict de la Cour constitutionnelle, la légitimité du gouverneur, ils ont refusé de spéculer sur l'attitude qu'ils adopteraient au cas où la Cour déciderait que l'acte de nomination du gouverneur doit être signé aussi par le Premier ministre. Difficile à dire quel sera le verdict de la Cour constitutionnelle. Néanmoins, le quotidien économique tchèque, Hospodarske noviny, remarque, à ce propos, que la Cour a une bonne raison de ne pas permettre au Cabinet d'intervenir dans le choix du gouverneur, car si elle tolérait de telles interventions, elle menacerait l'indépendance de la Banque nationale tchèque.