Une visite de la région de Domazlice

Domazlice, photo: CzechTourism

Aujourd'hui, je vous invite dans la région de Domazlice, s'étendant le long de la frontière tchéco-bavaroise, sur une superficie de 1140 km carrés, et habitée par plus de 58 mille habitants. Une grande partie de la région est formée par les sites anciens mentionnés déjà au 11ème siècle. L'ouverture des frontières, après 1989, a fait de la région de Domazlice ce qu'elle était depuis toujours: un carrefour de voies commerciales et touristiques.

Domazlice, photo: CzechTourism
Les beautés naturelles et le legs ethnographique sont les principales devises de la région de Domazlice. Aux touristes, elle offre une multitude de sentiers pour piétons et cyclotouristes. La région possède deux réserves protégées, cinq zones villageoises classées et une zone municipale classée. Les monuments architectoniques sont, en effet, tout particulièrement abondants dans les petits villages. C'est là que se trouve aussi la dernière région ethnographique de la Bohême - Chodsko, où la tradition des coutumes populaires, du dialecte et des costumes est restée vivante. Jusqu'à nos jours, s'y est maintenue la fabrication de la céramique typique de Chodsko, se distinguant par des motifs de fleurs en couleurs rouge, blanc et vert, sur un fond noir.

Les premières mentions sur les Chods datent de 1040. La liaison régulière entre Chodsko et Regensburg existait depuis déjà le 15ème siècle. Les paysans de Chodsko vivaient dans des fermes fortifiées et exerçaient le service de gardes des frontières. Ils étaient subordonnés directement au souverain et jouissaient de différents droits et privilèges. Ainsi, ils avaient le droit de traiter librement leurs biens, étaient libérés de la corvée, des droits de péage, ils pouvaient déménager librement, exercer des métiers, chasser le gibier dans les forêts, etc. Ils avaient aussi leur propre administration. Avec la perte progressive de l'importance du service des frontières, les Chods commençaient à être privés de ces privilèges. Ils s'y opposaient, bien évidemment, et leur résistance a culminé au 17ème siècle par un conflit avec la famille Lamingen d'Albenreuth à laquelle les villages étaient vendus après la bataille de la Montagne Blanche, en 1620. Finalement, la résistance des Chods a été brisée, après que leur leader, Jan Sladky Kozina eut été exécuté.

La région de Chodsko est réputée par les séjours de personnalités célèbres, telles que l'empereur Ferdinand II et l'écrivain François René de Chateaubriand. De nombreux écrivains, peintres et savants tchèques étaient attirés par la vie, l'histoire et les traditions populaires de Chodsko. Parmi eux, les écrivains Jirasek, Erben, Vrchlicky, Tyl et la femme de lettres, Bozena Nemcova. La région de Chodsko a aussi ses originaires célèbres, dont les écrivains J.S. Baar et K.M. Capek-Chod, et le compositeur et ethnographe Jindrich Jindrich.

La ville de Domazlice est le chef-lieu de la région. Elle a pour dominante le château, dont la fondation remonte aux années 60 du 13ème siècle, donc à la même période où le roi, Premysl Otakar II, a fait fonder la ville. Prédestiné à devenir le siège des margraves qui géraient les affaires des Chods - paysans libres assurant la garde des frontières - le château a plusieurs fois servi d'accueil aux souverains lors de leurs voyages à l'étranger. Ainsi, le roi Jean de Luxembourg y a séjourné, au début des années 30 du 14ème siècle. En 1592, le château est devenu victime d'un incendie. Les remaniements baroques ultérieurs ont conféré au château son aspect actuel. Le célèbre architecte baroque, Kilian Ignaz Dientzenhofer, a fait édifier, sur l'emplacement des ruines, de nouveaux bâtiments dominés par une tour cylindrique. Depuis les années 30 du 20ème siècle, ces locaux abritent le musée de la région de Chodsko.

La grande place rectangulaire de Domazlice est dominée par la tour de l'église de la Nativité de la Vierge Marie. Cette tour, haute de 56 mètres, constitue une curiosité de la ville, puisqu'elle est légèrement penchée. La place est bordée de maisons gothiques et Renaissance, à pignons baroques et rococo postérieurs. En face de l'église, au milieu de la place, se trouvait autrefois la mairie. En 1891, elle a été démolie et, à sa place, on a construit un nouvel hôtel de ville en style de néo-Renaissance. Le noyau de Domazlice a été proclamé réserve historique. La porte gothique, autrefois partie intégrante des fortifications, est, selon les fouilles archéologiques, le plus ancien monument de Domazlice. Les fortifications ont été achevées vers 1288.

Quelques mots, à présent, sur d'autres particularités de la région et sur les endroits qui méritent d'être visités. Tout d'abord, la petite ville de Klenci, aux pieds de la Forêt tchèque, non loin de la frontière tchéco-allemande. Klenci a été l'un des 11 premiers villages fondés dans le but de protéger les frontières du royaume de Bohême. Aujourd'hui, la ville est recherchée surtout par les amateurs du folklore auxquels sont destinées, chaque année, les festivités ethnographiques. Klenci est réputée aussi par le monument érigé en l'honneur de l'écrivain J.S. Baar. Pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque la région a été annexée au Reich, la statue a été mise à l'abri à Domazlice et n'a retrouvé sa place qu'après la libération de la Bohême occidentale par les alliés américains. Les habitants de la région nourrissent un grand estime pour leur originaire, l'écrivain Baar. Son oeuvre est rappelée sur ce monument par un petit poème que voici: "Dieu, toutes les cordes dans mon coeur sont cassées, pour ton amour, laisse-moi sauver une seule et dernière pour que je puisse y jouer le chant de l'amour de ce pays dur et pierreux."...

Dans la partie la plus occidentale de la région de Domazlice, on trouve la petite ville de Bela. La commune primitive fondée en 1121 a été, elle-aussi, prédestinée à assurer la garde des frontières. Du 12ème au 15ème siècles, Bela a été le siège du tribunal régional. Plus tard, l'élément allemand commençait à s'y imposer. La plus grande particularité de Bela est son pont en pierre qui est une copie fidèle du pont Charles de Prague. Le pont repose sur 8 piliers et il est orné, des deux côtés, des statues de saints.

Les amateurs de la nature et du tourisme apprécieront environ 200 kilomètres de sentiers cyclotouristes qui sont tous reliés à l'Allemagne voisine. Ils apprécieront sans doute aussi l'édification d'un eurocamp, près de la commune de Besiny. Il s'agit d'un projet financé à partir du programme Phare CBS. C'est dire que le camp aura les paramètres de pareils établissements en Europe. Dès maintenant, on peut y loger dans des chalets complètement équipés et procurant le repos au milieu de la nature vierge.