Vondroušová titrée à Berlin, Lehečka en finale au Queen’s : sur le gazon, les Tchèques reprennent des couleurs
Un premier titre depuis son sacre à Wimbledon il y a deux ans, un bond de 91 places au classement mondial WTA et, surtout, un sourire retrouvé après de nombreux ennuis de santé : vainqueure, dimanche, de l’Open de Berlin, Markéta Vondroušová a effectué, sur le gazon allemand, un retour remarqué et quelque peu inattendu sur le devant de la scène. Un beau dimanche à peine assombri par la défaite de Jiří Lehečka en finale du Queen’s contre l’inarrêtable Espagnol Carlos Alcaraz.
Deux joueurs tchèques en finale le même jour, chez les femmes et chez les hommes, comme, donc, dimanche, avec Markéta Vondroušová à Berlin et Jiří Lehečka au Queen’s, dans deux des tournois les plus relevés de la semaine, respectivement de la catégorie WTA 500 pour le premier et ATP 500 pour le second, cela faisait un petit moment que l’on n’avait plus vu cela. Et ce, d’autant moins sur gazon.
Après un Roland-Garros décevant vu de Prague, marqué par l’absence de tout joueur tchèque dans les deux tableaux de simple durant la seconde moitié de la quinzaine parisienne, la semaine qui s’est écoulée a donc remis du baume au cœur des amateurs de tennis tchèques.
Et la plus belle performance est, donc, à mettre sur le compte de Markéta Vondroušová, au bout d’une semaine aussi fantastique qu’inattendue. Après avoir d’abord sorti l’Américaine Madison Keys (6e mondiale) et la Russe Diana Shnaider (12e) aux deux premiers tours, la Tunisienne Ons Jabeur en quarts de finale, vendredi, dans un match qui constituait une reprise de la finale de Wimbledon en 2023, puis fait brillamment tomber la numéro un mondiale, la Biélorusse Aryna Sabalenka, en deux sets (6-2, 6-4) en demi-finales samedi, la Tchèque a parachevé son œuvre en finale, dimanche, en dominant cette fois la Chinoise Wang Xinyu, 49e mondiale, en trois sets (7-6 [10], 4-6, 6-2).
Au bout d’un match accroché, long de plus de deux heures, la native de Sokolov, en Bohême de l’Ouest, a ainsi remporté, à 25 ans, le troisième titre de sa carrière sur le circuit professionnel WTA.
À une semaine du début de Wimbledon, où, à la surprise générale, il y a deux ans, elle avait soulevé ce qui reste pour l’heure son unique trophée du Grand Chelem, elle a surtout confirmé son retour en forme alors que débute sur gazon, une surface sur laquelle son service et son grand coup droit de gauchère peuvent faire des ravages, la deuxième moitié de la saison.
164e mondiale avant le début du tournoi sur l’herbe bien verte de la capitale allemande, un modeste classement qui s’explique en grande partie par l’opération à l’épaule gauche subie en août 2024, qui lui vaut désormais de porter un impressionnant strap, et un retour difficile à la compétition, Vondroušová a démontré qu’il fallait de nouveau compter sur elle. Coude, poignet, et donc épaule, la Tchèque n’a, de fait, pas été épargnée par les blessures depuis sa finale à Roland-Garros en 2019 ou sa médaille d’argent olympique aux Jeux de Tokyo en 2021.
Son sacre à Berlin lui permet néanmoins de réintégrer le Top 100 mondial, où l’on trouve de nouveau six joueuses tchèques ce lundi (dont quatre devant Vondroušová), et, grâce à un bond de 91 places, de figurer de nouveau à un classement plus conforme à son potentiel et à ses ambitions. Et quelque chose nous dit déjà que si le physique ne la trahit pas une nouvelle fois, comme cela a trop souvent été le cas durant sa carrière, on devrait encore entendre parler de Markéta Vondroušová dans les semaines à venir, et ce, très probablement dès Wimbledon.
Lehečka, une perf’ remarquable et remarquée aussi, malgré un Alcaraz encore trop fort
Même sans titre au bout, c’est aussi une bien belle semaine qu’a lui aussi vécue Jiří Lehečka sur le gazon du Queen’s. Contrairement à sa compatriote chez les femmes, le Tchèque n’est toutefois pas parvenu à remporter le troisième titre de sa carrière sur le circuit ATP. Malgré un match plus que courageux, il a finalement été défait en trois sets très intenses (7-5, 6-7 [5], 6-2) en finale par un Carlos Alcaraz qui, deux semaines après son nouveau sacre à Roland-Garros, a, lui, signé sa dix-huitième victoire d’affilée.
Premier joueur tchèque en finale du prestigieux tournoi londonien depuis un certain Ivan Lendl il y a vingt-cinq ans, qui s’était imposé en 1989 et 1990, Jiří Lehečka, qui a rejoint ce lundi ses compatriotes Jabub Menšík (17e) et Tomáš Macháč (23e) dans le Top 25 mondial, a néanmoins laissé une bien belle impression avec un style de jeu dont il affirme lui-même qu’il « convient bien à la surface ». On vous le dit : vivement Wimbledon !






