« Zatopek », le magazine francophone de course à pied (dernière partie)

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Il y a un peu plus d’un an de cela, en janvier 2007, sortait en Belgique le premier numéro d’un magazine consacré à la course à pied baptisé « Zatopek », du nom du plus grand athlète et sportif tchèque de l’histoire, Emil Zátopek. Depuis quelques semaines, le cinquième numéro de « Zatopek », trimestriel, se trouve dans les librairies de Bruxelles et de Wallonie ainsi qu’un peu partout en France. Un premier anniversaire qui était l’occasion de s’entretenir avec Gilles Goetghebuer, le rédacteur en chef du magazine. Dans la première partie de cet entretien (http://www.radio.cz/fr/article/101121), Gilles Goetghebuer avait notamment expliqué le choix du nom de Zátopek et ce que celui-ci évoque aujourd’hui en Belgique, avant d’évoquer, dans la deuxième (http://www.radio.cz/fr/edition/101263), l’approche « humaniste » du magazine, à l’image du champion éponyme, l’enthousiasme à Prague de madame Dana Zátopková pour le projet ou encore le développement du magazine en France. Voici donc la troisième et dernière partie de cet entretien :

-Pouvez-vous nous donner une idée du développement du magazine en un an avec des chiffres, notamment celui du nombre de lecteurs et d’abonnés ?

« Comme nous l’avons dit, c’est le premier magazine de course à pied en Belgique francophone, ce qui représente un assez petit marché puisqu’il y a environ 4 millions de francophones en Belgique. Au début, on avait tablé sur un tirage modeste de 10 000 exemplaires et, en fait, depuis le lancement, on a doublé les chiffres. Actuellement, nous distribuons donc 20 000 « Zatopek » dans les kiosques en Belgique francophone et en France. Quant au nombre d’abonnés, il augmente peu à peu avec un millier d’abonnés pour la Belgique. Bien entendu, nous espérons aller au-delà en France. Mais pour la France, le projet est encore trop récent pour en tirer des conclusions. Je sais simplement que nous avons de nouveaux abonnés tous les jours, et cela nous fait très plaisir, évidemment. »

-Puisque vous êtes un magazine belge, allez-vous rester uniquement dans la langue française ?

« Il existe déjà un magazine en flamand, je ne sais donc pas. Peut-être qu’à l’avenir on fera un « Zatopek » en flamand… Je sais que nous avons reçu beaucoup d’échos de lecteurs qui l’achètent en français car, bien sûr, beaucoup de Flamands parlent français et nous avons donc aussi parmi nos lecteurs des Flamands. Mais pour le moment, nous allons essayer de savoir la mission que nous nous sommes fixés, c’est-à-dire de sortir tous les trois mois un magazine le plus intéressant possible, en français d’abord, sur les régions de la Belgique francophone et désormais de toute la France. »

-Outre le magazine, « Zatopek », c’est aussi un site Internet (www.zatopek.be). Quel type d’informations y trouve-t-on ?

« On y trouve beaucoup d’informations avec des courriers de lecteurs, des réactions, des commentaires, des agendas, des conseils pratiques, des plans d’entraînement, etc. Mais il y a aussi une chose assez intéressante : pour cela, il faut cliquer sur l’onglet ‘Evénements’ et on peut visionner une émission de télé que nous avons mis sur pied l’année dernière et qui s’appelle la ‘Zatopek Académie’, un peu sur le principe de la Star Academy. D’ailleurs, en abrégé, cela fait la Zatac’ comme il y avait la Star Ac’ en France. Le principe est de prendre des personnes qui n’ont jamais couru et on les équipe, on les conseille, on leur établit un programme, etc. On fait tout cela dans le but qu’ils parviennent à boucler les 20 kilomètres de Bruxelles qui ont lieu à chaque année au mois de mai. L’objectif est donc que ces quatre garçons et quatre filles réunis parviennent à boucler la distance dans les temps. Cela s’est fait l’année dernière et ce sont d’ailleurs les petites séquences que la RTBF avait consacrées à notre projet que l’on peut voir sur le site. Cette année, nous allons recommencer sauf qu’après des adultes l’année dernière, cette fois ce seront des adolescents entre 16 et 18 ans et nous verrons si eux aussi parviennent à relever le défi de se préparer en trois mois pour une course de 20 kilomètres. »

-Le premier numéro du magazine est sorti en janvier 2007. On peut dire qu’un an et cinq numéros plus tard, l’enfant se porte bien…

« Le p’tit Zatopek va très bien. C’était le souhait que j’avais émis dans l’édito du numéro un. A l’époque, je m’étais demandé comment faire pour que ce « Zatopek » devienne quelqu’un de bien. Un an après, j’espère que le constat est encourageant. En tout cas, c’est avec beaucoup d’affection que je travaille sur ce titre car j’ai de d’admiration pour le champion et de la passion pour la course à pied. Un magazine qu’on lance, c’est un peu comme un enfant qu’on éduque : il y a forcément beaucoup d’amour, de tracas, de soucis, parfois des inquiétudes, mais au-delà de cela, il y a un projet qui vous porte, c’est une véritable aventure. Jusqu’à présent, je suis donc vraiment ravi d’y participer. »

-Dernière question, plus professionnelle : le fait que le magazine dont vous êtes le rédacteur en chef porte un nom tchèque vous donne-t-il envie de venir en République tchèque et de découvrir, par exemple, les endroits où a vécu Emil Zátopek ?

« Beaucoup. Oui, beaucoup. C’est quelque chose qui est de plus en plus flagrant au fur et à mesure que progresse le projet : d’abord, on a envie de mieux connaître madame Zátopková. A travers son interview, on découvre vraiment une personne qui est porteuse d’un enthousiasme, d’une gaieté, d’une joie de vivre qui ont l’air tout à fait communicatifs. Et puis surtout, et je trouve que c’est assez réjouissant, on peut parvenir à l’âge qu’elle a (85 ans) avec cette même force de vie. Je serais effectivement ravi de pouvoir la rencontrer et peut-être de faire un petit voyage initiatique sur les terres qui ont vu Zátopek courir, d’aller sur les pistes et dans les forêts où il s’entraînait dans des conditions difficiles. Oui, c’est quelque chose qui me tient à cœur et que je compte bien faire dans un proche avenir. »

-Peut-être à l’occasion du marathon de Prague…

« Oui, pourquoi pas ? C’est une bonne idée ! »