35ème anniversaire de la fin tragique du Printemps de Prague

Prague, le 21 août 1968

Il y a 35 ans, le 21 août 1968, les armées du pacte de Varsovie ont envahi la Tchécoslovaquie. L'opération a réuni les forces militaires d'Union soviétique, de Bulgarie, de Hongrie, de République démocratique allemande et de Pologne.

Prague,  le 21 août 1968
C'est ainsi que les dirigeants des pays communistes ont réagi à la libéralisation du régime en Tchécoslovaquie, une courte période de dégel politique appelé communément "Printemps de Prague". La démocratisation progressive du régime s'est accélérée en janvier 1968, après l'élection d'Alexander Dubcek à la tête du Parti communiste de Tchécoslovaquie. C'est avec lui, mais aussi un peu malgré lui, que le peuple tchécoslovaque encouragé par une presse se libérant peu à peu de la censure, s'apprêtait à concilier le socialisme avec la démocratie. Même le Parti communiste cherchait à se transformer pour obéir à cette nouvelle tendance. En avril 1968 il a adopté un nouveau programme politique stipulant que le parti ne devait plus gouverner le peuple mais le servir. Le processus était suivi avec beaucoup d'attention des deux côtés du rideau de fer et devenait réellement dangereux pour l'idéologie totalitaire et la cohésion des pays du bloc soviétique. L'exemple tchécoslovaque devenait contagieux.

Plusieurs fois les chefs du Kremlin ont lancé des avertissements à l'adresse des dirigeants tchécoslovaques les exhortant à resserrer le régime politique, mais la démocratisation en Tchécoslovaquie était déjà trop avancée et il était pratiquement impossible de l'arrêter. Les chefs du Kremlin ont décidé donc d'intervenir eux-mêmes en utilisant les forces du Pacte de Varsovie. L'occupation de la Tchécoslovaquie en août 1968 a noyé dans le désespoir et dans le sang le rêve sur le socialisme à visage humain. Elle a obligé de nombreux Tchèques et Slovaques à émigrer et a ouvert une longue période de régime arbitraire qui ne devait se terminer que par la chute du communisme en 1989.