Accord de Paris : « Je crains que la décision de Trump ne soit une erreur »

Donald Trump, photo: ČTK

Le nouveau caprice du président américain Donald Trump, qui, fidèle à une de ses promesses de campagne, a annoncé jeudi soir que les Etats-Unis allaient se retirer de l’accord de Paris sur le climat, a suscité l’indignation et la colère dans le monde entier. Et donc en Tchéquie, où le monde politique et universitaire estime qu’il faut continuer, même sans les Américains, dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Donald Trump, photo: ČTK
« J'ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris », a philosophé Donald Trump, pour justifier cette décision qui va permettre aux Etats-Unis de rejoindre le club très fermé des pays qui ne sont pas dans l’accord de Paris : la Syrie, pays en guerre, et le Nicaragua, qui estimait qu’il n’allait pas assez loin. Le pays de M. Trump est le second plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde, après la Chine, et son retrait met donc en péril les objectifs définis dans le cadre de la COP 21, que les spécialistes jugent déjà insuffisant pour contenir la hausse moyenne des températures sous les 2 °C.

« Je crains que la décision de Trump ne soit une erreur », a commenté le chef du gouvernement tchèque, Bohuslav Sobotka, qui s’est ainsi joint au concert des réprobations des dirigeants du monde entier. Sur le réseau Twitter, le social-démocrate a indiqué que cette mauvaise décision allait affaiblir les Etats-Unis mais qu’elle ne détruirait pas l’accord sur le climat. « Quel dommage que ce pays décide de s’isoler sur un sujet aussi important pour l’ensemble de monde », a-t-il écrit. Une position partagée par un large spectre du monde politique tchèque, qui regrette le fait que les Etats-Unis choisissent une vision à court terme de défense leurs propres intérêts au dépend du reste de la planète.

Mais il se trouve tout de même certains politiciens pour applaudir Trump. Sans surprise, on trouve dans le lot le chef de l’Etat Miloš Zeman, très hostile aux militants écologistes, dont le fidèle porte-parole s’est fendu d’un tweet : « Donald Trump, en tant que président des Etats-Unis, est dans son bon droit de sortir de l’accord de Paris sur le climat, s’il juge qu’il est désavantageux pour son pays ».

Photo: ČTK
Du côté des chercheurs et des écologistes tchèques, le constat est plutôt très amer. « C’est une très mauvaise chose parce que les Etats-Unis représentent un cinquième des émissions de gaz à effet de serre. C’est une certitude qu’il faut au plus vite réduite nos émissions et il est clair que chaque année compte », a par exemple expliqué Jan Hollan, qui travaille sur les changements globaux à l’Académie des Sciences.

Approuvé par 195 pays en décembre 2015, l’accord de Paris sur le climat a été signé par la République tchèque au siège de l’ONU à New-York en avril 2016.