Basket - Sandra Le Dréan a entamé sa 4e saison à Prague : « Je profite de chaque moment »

USK Prague - Bourges, photo: www.uskbasket.cz

Sandra Le Dréan, un des plus beaux palmarès du basket féminin français, poursuit son aventure tchèque sous le maillot de l’USK Prague pour la quatrième saison consécutive. Nous l’avons rencontrée, il y a dix jours de cela, à l’issue de la nette victoire (70-47) de l’USK Prague en Euroligue contre Bourges, champion de France en titre. Pour les Pragoises, elles aussi championnes en titre de République tchèque et alors deuxièmes de leur groupe en Euroligue avec un bilan de quatre victoires pour deux défaites, il s’agissait de leur deuxième victoire de suite dans la compétition pour la première fois dans l’histoire du club. L’occasion idéale, donc, de faire le point avec Sandra Le Dréan, de retour à la compétition après une seconde moitié de saison dernière gâchée par une grave blessure à la cheville :

« On est d’abord très contentes de ce bilan provisoire parce qu’il prouve que nous sommes un peu plus stables que les années précédentes en Euroligue, et c’est notre objectif. Mais il faut continuer, parce que tout n’est pas encore parfait. Contre Bourges, notre première mi-temps n’a pas été terrible, ça a été difficile. Malgré cela, on commence à trouver notre ryhme et notre jeu se met en place. Nous sommes encore en phase d’apprentissage mais c’est quand même positif. »

-Ce soir, c’était votre quatrième victoire en six matchs d’Euroligue, il y a effectivement du mieux par rapport aux dernières saisons...

« Oui. C’est bien et c’est important parce que cette saison, nous entendons aller vraiment loin en Euroligue, ce qui veut dire passer le cap des huitièmes de finale. Donc au moins un quart de finale, et après, pourquoi pas, participer au Final Four. Il ne faut pas aller plus vite que la musique mais je pense que nous avons vraiment l’équipe pour réaliser nos objectifs cette année. Ce n’est pas toujours facile parce qu’il faut que les choses se mettent en place, et ça demande du temps. Mais déjà, les résultats prouvent que le travail commence à payer. A nous de continuer sur la même voie. »

-C’était le premier match retour dans votre poule. C’était aussi votre deuxième match et votre deuxième victoire contre Bourges. Ces deux victoires sont-elles aussi un signe de vos progrès, même si Bourges n’est certainement plus la grosse armada européenne qu’on a a connue il y a quelques saisons de cela ?

« C’est vrai, Bourges est aussi en phase de reconstruction. Elles mannquent un peu de stabilité en Euroligue, mais Bourges n’en reste pas moins une référence au niveau européen. Elles ont un coach, Pierre Vincent, qui est champion d’Europe avec l’équipe de France et qui sait bien faire jouer les filles. On se méfiait donc vraiment de ce match retour. Même si Bourges a été un peu fébrile aujourd’hui, cela n’enlève rien au fait que ça reste très positif d’avoir gagné deux fois contre elles cette saison. »

-Sur un plan personnel, cette saison marque votre retour à la compétition après une grave blessure. Comment ça se passe ?

« Bien ! Je suis déjà très heureuse de pouvoir être sur les terrains. Ca m’a vraiment manqué et ces neuf mois d’absence ont été un peu difficiles. J’étais donc impatiente de reprendre la compétition. Je profite de chaque moment sur le terrain, je me fais plaisir et je savoure. Au niveau de l’équipe, il y a désormais plusieurs joueuses capables de scorer, j’essaie donc d’apporter une touche un peu différente, c’est-à-dire que je défends plus, je m’efforce de prendre des rebonds et de faire des passes. Et puis quand je peux prendre quelques shoots, je suis contente de les prendre, mais l’essentiel, encore une fois, est de prendre du plaisir. Je suis vraiment très contente de pouvoir rejouer. »

-Vous avez entamé votre quatrième saison à Prague. Votre rôle dans l’équipe a évolué parce qu’on se souvient de matchs d’Euroligue, encore en début de saison dernière, où on vous voyait pendant pratiquement toute la durée du match sur le parquet. Aujourd’hui ce n’est plus le cas...

« Oui, mon rôle a très certainement évolué. L’équipe est très complémentaire cette saison, elle a été renforcée à tous les postes. Au niveau du jeu intérieur, par exemple, nous disposons désormais de quatre ou cinq joueuses. C’est pareil au niveau des ailières. Il faut donc s’adapter mais ce nouveau rôle me plaît aussi. J’essaie de partager des choses avec les autres joueuses sur le terrain, et c’est vraiment pour ça que je joue au basket. »

-Votre blessure vous a fait manquer la seconde moitié de la saison dernière, qui a été marquée notamment par le titre de champion de l’USK Prague, acquis aux dépens de Brno en finale pour la première fois depuis de très, très longues années. On suppose que pour vous, ça a dû être une grosse déception...

« Oui et non. D’un côté, je sentais que je faisais vraiment partie de l’équipe et je me suis efforcée de faire tout ce que je pouvais pour les aider. Je me suis même échauffée le jour de la finale pour essayer de ressentir le truc. Mais cela n’empêche que c’est effectivement très différent de vivre un tel événeement en tant que joueuse active ou joueuse blessée. Mais ça n’a pas été une déception. J’étais très heureuse de la prestation de l’équipe, même si les sensations n’étaient évidemment pas aussi fortes du fait de mon éloignement des terrains. J’espère donc que cette saison nous apportera un nouveau titre et que je pourrais le partager plus profondément avec toute l’équipe. »

-Le tirage au sort des groupes du Championnat du monde, qui se tiendra en République tchèque en 2010, a été effectué il y a quelques semaines. Est-ce que ça ne vous donne pas envie de revenir en équipe de France ?

« (Rires) Euh... Non, j’ai décidé de prendre ma retraite internationale et je ne jouerai donc pas au Championnat du monde. Mais j’irai bien évidemment supporter l’équipe de France. »

-Aucun regret donc par rapport à ça...

« Non, aucun regret. J’ai vécu de grands moments avec l’équipe de France pour laquelle j’ai donné tout ce que je pouvais donner. Maintenant je suis passée à autre chose. »

-Votre longue absence des terrains vous a-t-elle permis de faire des progrès en tchèque ?

« Oui, mais pas encore pour une interview complète en tchèque. Mais je continue à prendre régulièrement des cours, donc peut-être à la fin de la saison... (Rires) »