Collectivités locales tchèques et françaises veulent optimiser leur coopération

Photo: Helena Gornerova, www.nhkladruby.cz

Services d'intérêt général et développement local : tel était le thème d'une conférence organisée cette semaine par la région de Bohême centrale et l'ambassade de France à Prague. Permettre aux collectivités locales tchèques et françaises d'échanger des points de vue sur le sujet et améliorer la coopération décentralisée étaient quelques uns des buts de ce colloque, auquel ont participé de nombreux représentants de régions et communes françaises et tchèques.

Ceske Budejovice
Ladislav Fnouka y représentait la Bohême du Sud : « Pour diversifier l'orientation de la région, il faut aussi avoir un partenaire francophone et un partenaire anglophone. La ville de Ceske Budejovice a déjà fondé une base de coopération avec Lorient, pour une diversification dans tous les domaines. Il y a beaucoup d'intérêt pour la culture française et l'échange touristique. On essaie de travailler dans le domaine économique ; on est déjà impliqué dans certains projets au niveau européen avec nos collègues de Bretagne par exemple. »

Est-ce qu'on remarque encore des différences entre la collaboration avec les Länder allemands par exemple - plus habitués à travailler au niveau régional - et avec les régions françaises, qui s'y mettent petit à petit ?

« Oui, il y a certaines différences. Par exemple, on a annoncé une visite d'entrepreneurs bretons ici, qui a dû être décalée parce qu'elle doit être organisée par une agence régionale qui est encore dans sa phase de fondation... Ce n'est pas le cas en Allemagne et en Autriche, où ils sont plus avancés dans certains domaines spécifiques ( nouvelles technologies, économie d'énergie, etc.). Mais la question n'est pas toujours d'avoir un partenaire qui est beaucoup plus avancé ; il faut aussi avoir différents partenaires pour connaître la mentalité, le système de travail. Les Allemands et les Autrichiens, nous les connaissons bien, depuis des centaines d'années : ce sont nos voisins. »

Olivier Linot représentait lors de ce colloque la ville de Trouville en Normandie, jumelée depuis 16 ans avec la commune de Vrchlabi en Bohême du Nord:

« Les Tchèques parlent beaucoup allemand et les Français un peu anglais : ils nous faut donc vraiment des interprètes... Mais on s'aperçoit que les communes peuvent faire part de leurs propres expériences et faire profiter des avantages des uns et des autres. »

Les jumelages représentent aujourd'hui davantage que de simples échanges de touristes ou d'étudiants ?

« Ils existent toujours et sont très importants, mais on essaie aujourd'hui d'y ajouter de l'expertise territoriale. Quand la commune ou la région de Vrchlabi organise quelque chose qui nous apparaît pertinent ou qui met l'accent sur la défense de l'environnement et d'autres sujets importants en France, on essaie de voir comment ils ont mené leurs expérimentations afin d'en retirer la substantifique moëlle chez nous. »

Vous avez monté à Trouville-sur-mer un projet qui touche aussi à l'environnement et qui pourrait aussi concerner les Tchèques. Vous pouvez nous en dire un peu plus ?

« La ville a souhaité en l'an 2000 allèger le tonnage d'ordures ménagères et récupérer toutes les bouteilles de verre des 75 restaurants pour les recycler ; Après des études sur des véhicules au gaz ou électriques, on a acheté un cheval et travaillé en mini-équipe pour la récupération du verre. On a pris un cheval de trait, un bon gros percheron. Ce projet, qui n'était au début qu'une petite expérimentation, non seulement a pris entièrement sa place dans les services techniques de la ville mais a aussi essaimé pour de nouvelles expériences en France, qui sont maintenant relayées par une commission nationale de développement des chevaux territoriaux. »

« Les Tchèques ont l'air intéressés parce qu'ils s'aperçoivent que la place du cheval peut être non anecdotique : c'est plus respectueux de l'environnement et plus économique bien sûr. Et nous on s'intéresse beaucoup à eux parce qu'ils ont une race de chevaux qui doit s'appeler le 'Kladrubsky', qui est un cheval mixte qui peut tirer des charges et aussi être monté. Il permettrait aux communes qui utilisent des chevaux de ne pas les cantonner à des missions techniques de voirie ou d'espaces verts : ils pourraient aussi être montés l'après-midi pour faire des sortes de 'sentinelles vertes' ou pour les polices municipales - il y a beaucoup de polices municipales à cheval maintenant en France. »

Photo: Helena Gornerova, www.nhkladruby.cz
Comment avez-vous entendu parler de cette race ?

« Par un démonstrateur de cascades, venu à Deauville présenter un film, Chevalier, dans lequel ils ont utilisé ces chevaux car ils étaient puissants, rapides et à la fois mastoques. Il nous a parlé de cette race de chevaux 'mixtes'. On est à la recherche depuis maintenant un an de ce 'filon', de cette race, qu'on ne retrouve pas aussi facilement qu'on croyait. »

Kladruber, ou vieux kladruber, c'est le nom exact de cette race tant recherchée. Elevés depuis 1579 au haras national de Kladruby sur l'Elbe, il n'existe que 1200 kladruber dans le monde, dont environ un millier encore en RT. www.nhkladruby.cz