Combat pour une télévision publique indépendante

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La prochaine élection du Conseil de la Télévision a déclenché les protestations de nombreuses personnalités tchèques. Vaclav Richter.

C'est à l'issue de la crise du début de cette année que le Parlement a adopté une nouvelle loi sur la télévision publique tchèque. Le problème crucial était de protéger la télévision publique contre les pressions politiques. La nouvelle loi stipule que les candidats au Conseil de la Télévision, organe qui élit le directeur de la Télévision tchèque, ne doivent plus être choisis par les partis politiques mais par des organismes et associations civiques. Aujourd'hui, ceux qui croyaient que la nouvelle loi protégerait efficacement l'indépendance politique de la télévision, sont déçus. 250 noms ont figuré sur la liste des candidats au Conseil de la Télévision et ce nombre a été réduit par la commission électorale de la Chambre des députés à 45. La réduction a été faite d'une façon très problématique et de nombreux candidats de qualité ont été évincés encore avant l'élection du Conseil qui doit avoir 15 membres. Parmi les candidats qui figurent dans le groupe des 45 personnalités éligibles, beaucoup ont des liens étroits avec des partis politiques. Face à cette situation, ceux qui ne sont pas indifférents au sort de la télévision ont commencé à se mobiliser. Ils ont créé un organisme appelé la Ligue civique, qui regroupe, entre autres, des écrivains, des journalistes et des artistes connus, et envisagent de traverser le pays et d'expliquer partout aux gens l'importance de ce problème. La Coalition des quatre partis de droite a réussi à différer de deux jours l'élection du Conseil à la Chambre des députés qui devait commencer déjà ce mercredi. Plusieurs candidats rejetés se sont adressés à la Cour constitutionnelle afin d'invalider la loi qui, à leur avis, discriminerait certains candidats. Le ministre de la Culture, Pavel Dostal, qui avait voté pour la loi en question, se rend compte aujourd'hui d'avoir commis une erreur. Il regrette de ne pas avoir réalisé que la loi pouvait être en contradiction avec la Constitution. Aujourd'hui il aimerait réduire sa part des responsabilités dans cette situation et estime qu'il faut différer l'élection du Conseil de la Télévision et attendre le verdict de la Cour constitutionnelle.