Conservateurs tchèques et britanniques pour un nouveau groupe au Parlement européen

Jan Zahradil

L'ODS tchèque et le parti conservateur britannique ont annoncé jeudi à Londres la création d'un nouveau groupe au Parlement européen. Ce nouveau groupe s'appellera le MRE - Mouvement pour une Réforme Européenne - et devrait voir le jour pour la nouvelle période législative, qui commence en 2009. Jan Zahradil est député du Parlement européen, où il représente l'ODS, jusqu'ici au sein du PPE - le parti populaire européen :

Jan Zahradil
« Nous sommes convaincus qu'il s'agit là d'une initiative positive importante qui pourrait servir de plate-forme aux partis qui partagent la même opinion concernant la future organisation de l'UE, et avant tout à ceux qui ne sont pas d'accord avec la Constitution européenne. Nous avons beaucoup de points de vue identiques à ceux de partis de centre-droit en Europe, et c'est la raison pour laquelle nous sommes membres du PPE. Mais en matière constitutionnelle et en ce qui concerne le futur de l'Europe, nous ne sommes pas d'accord et nous pensons qu'il faudrait que cela se reflète dans les rangs du Parlement européen. Nos amis britanniques partagent cette opinion. »

Ensemble, conservateurs tchèques et britanniques ne disposent que de 36 sièges sur les 732 que compte le Parlement européen. D'ici la création concrète de ce groupe en 2009, ils espèrent pouvoir attirer d'autres formations. Jan Zahradil :

Mirek Topolanek, photo: CTK
« Nous avons maintenant trois ans devant nous pour travailler et former un courant qui ne sera pas représenté que par une trentaine de députés. Ce ne serait d'ailleurs pas possible. Nous avons besoin d'autres nationalités, d'autres Etats. Britanniques et Tchèques seuls ne pourraient pas fonder cette fraction. C'est pour le moment un signal clair qu'il existe au centre-droit du spectre politique européen d'autres opinions et un autre courant que le courant fédéraliste représenté entre autres par l'Allemagne et la France. Ce courant doit être légitimement reconnu et il n'y a pas de raison de parler ici d'euroscepticisme. C'est une autre vision sur la future organisation de l'UE, pour une union décentralisée, flexible, transparente et ouverte. »

L'ODS tchèque est pourtant souvent considéré comme un parti eurosceptique. Son chef, Mirek Topolanek, a récemment qualifié la Constitution européenne de grosse « shit ». Mais selon Jan Zahradil, l'ODS refuse l'étiquette de « parti eurosceptique » :

« Si nous étions eurosceptiques, nous n'aurions pas fait campagne pour l'adhésion de la République tchèque à l'UE. Nous voulons que l'UE soit un projet réussi. C'est la raison pour laquelle il faut qu'elle change et nous souhaitons participer à ces changements. La séparation entre europtimistes et eurosceptiques est selon moi déjà dépassée. Malheureusement les politiciens qui ont monopolisé l'intégration européenne ont tendance à coller des étiquettes comme celle d'eurosceptique à ceux qui ne partagent pas leur avis, mais avec de telles méthodes ils n'iront pas très loin. »