Crise de la médecine dentaire en Tchéquie ?

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Dans dix ans, les dentistes tchèques seront en voie de disparition, écrit, ce vendredi, le quotidien Lidove noviny. Une information qui donne des sueurs froides, notamment à ceux qui n'ont pas la chance d'avoir les dents comme une star hollywoodienne... La médecine dentaire, vit-elle vraiment une crise ? Explications de Magdalena Segertova.

L'Ordre des médecins dentistes tchèques vient de publier, dans son rapport annuel, des chiffres très peu optimistes : l'association compte 7500 membres, dont plus de la moitié sont âgés de 50, 55 ans et, logiquement, dans une dizaine d'année, prendront leurs retraites. Ce qui est moins logique, c'est que ces spécialistes des soins dentaires n'ont que très peu de successeurs, alors que les candidats à cette profession bien rémunérée sont nombreux. Il ne faut pas chercher longtemps pour trouver une explication : un manque d'argent... La formation de futurs dentistes coûte chère, elle nécessite des pédagogues de haut niveau, une quantité suffisante de matériel et des appareils modernes. "C'est le ministère de l'Education nationale qui est responsable de cette situation. Les jeunes sont très attirés par la médecine dentaire, mais les facultés n'ont pas assez d'argent pour pouvoir admettre plus de candidats", dit le président de l'Ordre des médecins dentistes, Jiri Pekarek.

L'entrée de la République tchèque à l'Union européenne apportera certains changements : par exemple les noms des dentistes tchèques ne seront plus précédés du titre "docteur en médecine", attribué, dans les pays de l'UE, uniquement aux généralistes. La durée d'études de médecine dentaire sera raccourcie de six ans actuels à cinq ans et les jeunes diplômés ne devront plus passer des examens complémentaires pour pouvoir ouvrir leurs cabinets.

Mais que fera l'Etat si, malgré la mise en place de toutes ces mesures, les prédictions les plus noires se réalisent ? Faudra-t-il, au début du 3e millénaire, se déplacer d'un bout du pays à l'autre pour se faire plomber une dent ? Espérons que non. Fera-t-on venir, en Tchéquie, des dentistes étrangers, des Polonais ou des Slovaques ? D'après le président de l'Ordre des médecins dentistes, ceci est peu probable, car la Slovaquie, par exemple, fait face au même problème que la République tchèque...

Auteur: Magdalena Segertová
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