Début de l'emploi du carburant bio en Tchéquie

La République tchèque s'est mise, à partir du 1er septembre à l'heure européenne en matière de carburant. En effet, à partir de cette date, les pompes à essence vendent du carburant diesel qui doit contenir au moins 2 % de métylester, un alcool produit avec de l'huile de colza. Pour l'instant, cela ne concerne que les carburants pour les moteurs diesel, mais dans peu de temps tous les carburants devront avoir une certaine teneur en métylester.

L'objectif de l'addition du carburant colza dans les carburants classiques à base de pétrole ? Diminuer la dépendance des pays développés à l'égard du pétrole justement. D'après Vaclav Loula qui dirige l'équipe de travail chargée du développement de l'industrie pétrolière, il ne s'agit que d'un petit début car, selon lui, la Suède par exemple est beaucoup plus en avance avec la vente d'un carburant qui contient déjà 85 % de matière bio. Il précise :

« Il s'agit d'un petit volume ajouté dans les carburants diesel, seulement 2 %, mais en 2009, ce sera 4,5 %. C'est seulement le premier pas, car en République tchèque il n'existe pas encore de programme complexe pour l'emploi des carburants bio en plus grande quantité. Cela dépend de la consommation énergétique nécessaire à la production de ces carburants, à la production des cultures qui devraient remplacer les carburants classiques. »

Un paradoxe quand même : l'emploi des carburants bio, du métylester par exemple dans la composition des carburants classiques, conduira à une hausse du gasoil sur le marché. En effet, la production du métylester est encore chère aujourd'hui. Pourtant, la hausse ne devrait pas être très importante, comme l'affirme Vaclav Loula :

« Actuellement, le prix du carburant diesel classique, du gasoil, est influencé par d'autres facteurs, la baisse des températures et l'approche de l'hiver, donc de l'emploi du chauffage. Le prix du gasoil peut donc augmenter beaucoup plus sur les marchés mondiaux, même de 100 dollars au baril, alors que la hausse causée par l'emploi du métylester ne représente que quelques centièmes de couronne. »

Cependant, les constructeurs automobiles ne voient pas d'un bon oeil, l'addition du métylester dans les carburants classiques. Une trop forte teneur pourrait, en effet, endommager les moteurs, surtout diesels qui sont beaucoup plus sophistiqués que les moteurs à essence. Pour eux, le maximum est de 5 %, à moins de modifier la conception du moteur. Les écologistes pensent que le colza, par exemple, trouverait une utilisation plus rationnelle et plus rentable dans les centrales thermiques. En plus de cela, ils affirment que la culture des plantes destinées à la production d'énergie ne doit pas remplacer les cultures agricoles classiques, car cela pourrait nuire à l'environnement. Il faut trouver une juste mesure et, pour l'instant, des normes adéquates n'existent pas. Un autre argument : l'emploi des carburants bio ne diminue pas de beaucoup le taux d'émission de gaz nocifs... dans les 20 % seulement et leur production est coûteuse.