Egalité salariale hommes/femmes : les contrôles donnent leurs premiers résultats

Photo: Commission européenne

L’inégalité salariale entre les hommes et les femmes en Tchéquie est l’une des plus importantes au niveau européen. La différence entre les salaires des uns et des autres est de 22,5%. C’est pour lutter contre cette injustice que le ministère du Travail et des Affaires sociales a demandé l’année dernière à l’Inspection du travail de mener des contrôles sur ce point précis, des contrôles qui donnent aujourd’hui leurs premiers résultats.

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C’est un article du quotidien Hospodářské noviny qui propose un bilan de cette nouveauté. Son auteure, Markéta Šrajbrová, rappelle que la République tchèque est le second pays en Europe, après l’Estonie, où les femmes sont les moins bien payées par rapport aux hommes. « Théoriquement, les femmes tchèques travaillent gratuitement à partir du 11 octobre. L’inégalité n’est pas seulement liée au fait que les femmes exercent les métiers les moins bien rémunérés, mais également à cette réalité que pour des postes similaires, elles reçoivent moins d’argent que les hommes », écrit-elle.

D’après Kateřina Hodická, du centre d'information sur le genre Nora, ces inégalités s’expliquent aussi par un manque de transparence au niveau des entreprises avec par exemple la pratique courante de faire signer aux employés des clauses leur interdisant de dévoiler le montant de leur rémunération à leurs collègues.

L’an dernier, la ministre du Travail et des Affaires sociales, la sociale-démocrate Michaela Marksová (ČSSD) a donc lancé un plan en plusieurs points pour réduire les inégalités salariales. Cela passe également par des contrôles de l’Inspection du travail. Jusqu’alors, 34 contrôles ont été effectués. Dans quatre cas, des irrégularités ont été constatées, dans un restaurant, dans une boulangerie, dans un fournisseur de pièces automobiles et dans un hôtel de police municipale.

Les inspecteurs ne peuvent toutefois pas révéler la nature des manquements constatés. Mais pour Anna Šabatová, la médiatrice de la République, qui avait alerté l’année passée sur l’ampleur des inégalités salariales entre les hommes et les femmes, ces résultats, le fait qu’un employeur sur neuf est en tort, sont significatifs.

Pour autant, ils ne reflètent sans doute que partiellement la réalité, car selon elle, les inspecteurs font face à des difficultés quand il s’agit de trouver des preuves de pratiques discriminantes. C’est aussi pourquoi le ministère du Travail planche actuellement sur une nouvelle méthode pour les contrôles. Environ 80 devraient encore être conduits cette année.