Exercice d’entraînement et nouvelle loi : la République tchèque se prépare à protéger ses frontières

Photo: ČTK

Tandis que les députés ont ce jeudi de nouveau longuement débattu de la crise migratoire, le gouvernement a adopté, dans la nuit, un nouveau projet de loi relatif à la protection des frontières du pays. Concrètement, en cas de menace jugée extraordinaire, l’instauration de contrôles aux frontières pourrait être ordonnée par le ministère de l’Intérieur. Avant cela, mercredi, 800 policiers et militaires ont participé à un vaste exercice d’entraînement tout le long de la frontière séparant la République tchèque de l’Autriche, dont l’objectif était de se préparer à faire face à un éventuel important afflux migratoire.

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On ne sait jamais… Ainsi peut être résumé le point de vue du gouvernement tchèque. Effectivement, mieux vaut être préparé à toute éventualité, et comme l’affirmait Pasteur, la chance ne sourit qu’aux esprits bien préparés. On ne s’aventurera pas à affirmer que les esprits tchèques sont prêts à faire face à une arrivée massive de migrants, mais autorités, police et armée, elles, sont bien prêtes. En tous les cas, tous les moyens sont mis en œuvre pour qu’il en soit ainsi.

Comme cela avait été annoncé il y a quelques semaines de cela par les ministères de l’Intérieur et de la Défense, 500 policiers et 300 soldats ont été déployés mercredi tout le long des 464 kilomètres de la frontière tchéco-autrichienne. A vingt postes routiers et ferroviaires en Bohême et Moravie du Sud, les forces de l’ordre avaient pour mission de contrôler l’identité des voyageurs et conducteurs et, dans le cas des voitures et camions arrêtés au hasard, éventuellement de vérifier si un ou deux migrants ne se cachaient pas à l’arrière du véhicule.

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En l’état actuel des choses, alors que la République tchèque est très largement épargnée par la vague migratoire et que l’immense majorité des réfugiés en provenance des Balkans préfèrent transiter par la Hongrie et l’Autriche pour rejoindre l’Allemagne, ces grandes manœuvres peuvent paraître inutiles. Toutefois, les autorités tchèques entendent se montrer prêtes si la principale voie de passage pour les migrants en Europe centrale devait changer et dévier par la République tchèque.

A en juger les réactions, le bilan de cet exercice a été globalement satisfaisant et le résultat escompté atteint, et ce même si le ministre de l’Intérieur, Milan Chovanec, farouche opposant à l’instauration des quotas de répartition des réfugiés voulus par la Commission européenne, a trouvé à redire notamment sur la vitesse de la mise en place du dispositif :

Martin Stropnický et Milan Chovanec, photo: ČTK
« Le scénario idéal serait de pouvoir procéder au déploiement de nos forces en l’espace de cinq heures. C’est un objectif qui n’a pas été rempli, mais c’est une chose à laquelle nous nous attendions. Il y a donc encore du travail, mais nous avons pris différentes mesures qui doivent nous permettre de nous rapprocher du temps voulu à l’avenir. »

Le ministre redoute une possible fermeture hermétique de la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche, un cas de figure qui pousserait alors probablement des milliers de migrants à vouloir passer par la République tchèque. Mais l’armée et la police tchèques participeront également à la surveillance de la frontière de la Hongrie avec la Serbie, le ministère de la Défense entendant ainsi participer à la protection de l’espace Schengen.

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Enfin, toujours dans le même ordre d’idée, le gouvernement a également adopté une nouvelle loi sur la protection des frontières. Il s’agit là d’un ensemble de mesures qui doivent permettre de réinstaurer des contrôles aux frontières, voire de fermer celles-ci, pour une durée de cinq jours prolongeable s’il est estimé qu’un danger extraordinaire menace le pays. Il ne manque donc plus désormais que les barbelés pour que les frontières tchèques soient parfaitement protégées.