Faute de Russie, les ministères tchèques réfléchissent aux marchés alternatifs

Foto: Barbora Kmentová / Radio Praga

Les exportateurs tchèques touchés par les sanctions russes pourraient chercher de nouveaux marchés en Biélorussie, au Kazakhstan ou en Azerbaïdjan. C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’Industrie et du Commerce, Jan Mládek, à l’issue de la conférence qui s’est tenue au ministère des Affaires étrangères. De son côté, le chef de la diplomatie, Lubomír Zaorálek, voit dans les Balkans, les pays arabes, les Philippines (qui modernisent leur armée), la Chine et la Corée du Sud également de possibles alternatives pour les entreprises tchèques dans un proche avenir.

Photo: Barbora Kmentová
Une carte des différentes possibilités pour les exportations tchèques sera présentée au gouvernement la semaine prochaine. Les ministres des Affaires étrangères, de l’Industrie et du Commerce ont convié, jeudi, les représentants de plusieurs sociétés tchèques pour discuter des solutions envisageables pour faire face aux conséquences de la fermeture partielle du marché russe. Celle-ci est une réaction du Kremlin suite aux sanctions décidées par l’Union européenne en raison de l’attitude de Moscou dans le conflit en Ukraine.

Toutefois, les autorités tchèques restent persuadées que, malgré l’actuel conflit commercial entre la Russie et l’UE, les entreprises tchèques doivent continuer à entretenir les meilleures relations possibles avec leurs partenaires russes. En 2013, le volume des exportations tchèques en Russie s’est élevé à 116 milliards de couronnes (4,22 milliards d’euros). La diplomatie économique ne souhaite pas répéter l’erreur faite dans les années 1990, peu après la chute du régime communiste, quand les entreprises tchèques avaient abandonné le marché russe. « Nous serions très heureux si la baisse de nos exportations pouvait se limiter uniquement aux choses qui font l’objet de sanctions », a expliqué Jan Mládek.

Pour l’heure, les restrictions décidées par l’UE concernent essentiellement l’accès des marchés aux capitaux européens, les achats et les ventes d’armes, de matériel militaire et de biens à double usage militaire et civil, les ventes de technologies sensibles et d'équipements dans le secteur de l’énergie, ainsi que les équipements destinés aux forages pétroliers en eaux profondes pour l'exploration ou pour la production. Les exportations restant toujours possibles sur la base des contrats signés précédemment, à l’exception des produits agroalimentaires, les conséquences de l’embargo russe devraient se faire ressentir à compter de l’année prochaine.