Fonction publique - Réévaluation des salaires : les enseignants satisfaits, les autres, pas encore

Bonne nouvelle pour les enseignants en Tchéquie : à compter du 1er janvier prochain, leurs salaires augmenteront de 7 %. Mercredi, en effet, le ministre de l’Éducation, Mikulás Bek (SPOLU) et les syndicats sont parvenus à trouver un terrain d’entente. Pour les autres employés de la fonction publique, en revanche, les négociations se poursuivent.

Jamais contents, les syndicats ? Ce n'est pas tout à fait vrai pour cette fois, à en croire les déclarations faites, mercredi, par Josef Středula. À la sortie de la réunion avec le gouvernement, le président de la Confédération des syndicats de Bohême et de Moravie (ČMKOS), la plus grande organisation syndicale en Tchéquie, a évoqué « un optimisme modéré » et « une bonne direction » pour les professions moins bien rémunérées.

Pour l’heure, les enseignants et autres personnels d’enseignement, autrement dit tous ceux qui exercent leur fonction dans les établissements scolaires, sont les seuls à pouvoir s’estimer satisfaits.

Les enseignants, d’abord, au nombre de près de 182 000 dans le pays (des écoles maternelles à l’enseignement supérieur), bénéficieront d’une augmentation de 7 %, et ce, en fonction des diverses classes de la grille des salaires dans laquelle ils figurent. Pour rappel, depuis 2024 et l’entrée en vigueur d’un texte de loi spécial, l’État tchèque est tenu de verser aux enseignants un salaire d’un montant équivalant au minimum à 130 % du montant du salaire nominal brut mensuel moyen.

Concrètement, pour cette année, ce montant est calculé sur la base du salaire moyen de 2023, qui, selon l’Office tchèque des statistiques, s’est élevé à 43 121 couronnes (environ 1 725 euros). Reste que l’année dernière, cet objectif des 130 % a été loin d’être atteint, puisque les enseignants ont dû se contenter d’une rémunération équivalente à 109 %.

De leur côté, toujours pour ce qui est du domaine de l’éducation, les assistants pédagogiques et toutes les autres professions moins qualifiées (surveillants, personnel de soutien, employés administraifs, des cantines...)  devraient voir leur salaire augmenter d’un montant fixe de 2 000 couronnes (environ 80 euros).

Concernant les autres professions de la fonction publique, si le gouvernement et les syndicats ne sont pas parvenus à s’entendre pour établir une nouvelle convention, un nouveau compromis a néanmoins été proposé, prévoyant une augmentation des barèmes salariaux de 5 à 6 % à partir de janvier, et de 9 % pour les professions les moins bien rémunérées.

Ministre du Travail et des Affaires sociales, Marian Jurečka (SPOLU) s’est dit « prêt à continuer à négocier », tout en expliquant qu’« aucun milliard de plus » ne sera ajouté aux 27 milliards de couronnes (près de 1,1 milliard d’euros) supplémentaires par rapport à cette année prévus pour les salaires dans la fonction publique dans le projet de budget de l’État pour 2026. Une loi des finances dont le gouvernement débattra le 30 septembre avant son examen, ensuite, par la Chambre des députés.

Selon une analyse du même ministère du Travail et des Affaires sociales, en raison de l’inflation, le pouvoir d’achat de certaines catégories de fonctionnaires, comme les employés du secteur de la culture, les agents administratifs ou encore, par exemple, les cuisiniers dans les cantines scolaires, a baissé en moyenne de quelque 15 % au cours des six dernières années.