Gain de cause pour les riverains de la voie rapide pragoise

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Les Pragois qui habitent le long de la voie rapide qui traverse la capitale du nord au sud, n’ont pas la vie facile et sont fortement importunés par le bruit causé par les dizaines de milliers de véhicules qui y circulent tous les jours. Une partie d’entre eux a porté plainte contre la mairie et vient de remporter le procès.

Cette victoire de près de 3 000 riverains de la partie sud de la voie rapide, dans le IVe arrondissement de Prague, représente un précédent. C’est la première fois que la cour de justice municipale de Prague reconnaît le bien-fondé de la plainte déposée par l’Association des citoyens importunés par la voie rapide nord-sud. La cour a ordonné à la mairie de Prague de diminuer d’ici un an le niveau du bruit dans les logements des riverains. Ce niveau ne devrait pas dépasser les normes hygiéniques, donc 45 décibels dans la journée et 35 décibels la nuit. Dans le cas où la mairie ne respecterait pas ce verdict, elle encourrait une forte sanction financière. Pour l’instant elle a fait appel. Mais comment diminuer ce niveau du bruit sur la « magistrála » (magistrale) comme s’appelle en tchèque cette voie rapide ? Réponse d’Alžbeta Rejchertová, représentant l’Association des citoyens importunés par la voie rapide nord-sud :

« Il existe deux moyens. Tout d’abord construire des équipements contre le bruit. Dans notre localité, il s’agirait d’un tunnel léger qui pourrait être financé par les entreprises qui s’y trouvent ou construisent des bâtiments administratifs. C’est la solution la plus coûteuse. Ensuite, la mairie devrait abandonner ses plans qui promettent d’augmenter la circulation routière dans cette localité. Donc, ne pas soutenir la construction de nouveaux bâtiments administratifs et, ce qui était présenté dans notre plainte, ne pas aménager de nouvelles rampes d’accès à la voie rapide. »

Pavel Bém
La mairie respectera-t-elle le verdict de la cour ? Arrivera-t-elle à diminuer le niveau du bruit sur la « magistrála ». Réponse de la personne la plus compétente en la matière, le maire de Prague, Pavel Bém :

« Je ne sais pas. Nous rendons déjà plus calmes un grand nombre de communications pragoises, nous diminuons le niveau du bruit. Je ne refuse pas l’idée de construire une solution provisoire, par exemple un tunnel en verre, ou en plastique dont on parle beaucoup aujourd’hui. Pourtant, ce sont des investissements énormes et la ville ne possède pas des moyens financiers illimités. Certains investissements sont prioritaires et représentent la colonne vertébrale du trafic routier, sans laquelle la vie sera impossible dans Prague à l’avenir. »

En dépit du verdict de la cour, les riverains de la voie rapide à Prague 4 ne peuvent donc pas être certains qu’ils pourront enfin dormir tranquilles dans un an.