Il y a 65 ans, Auschwitz était libéré par l’Armée rouge

Photo: CTK

En souvenir de la libération d’Auschwitz devenu le symbole de l’extermination des Juifs, l’ONU a désigné le 27 janvier comme la Journée du souvenir des victimes de l’holocauste. La République tchèque commémore cette journée depuis 2006.

Jan Fischer,  photo: cTK
« L’holocauste était le mal absolu et il peut à nouveau renaître. Sont également coupables ceux qui sont restés passifs face à lui. » Ces propos ont été prononcés mercredi au Sénat par le chef du gouvernement, Jan Fischer, dont le père a été interné dans le ghetto de Terezín et dont la famille a été touchée de près par la Shoah. Un million d’Européens - Juifs, Roms, Polonais et ressortissants d’autres nations, ont trouvé la mort à Auschwitz. Parmi les rescapés : le professeur Felix Kolmer, président du conseil d’administration de la fondation pour la mémoire de la Shoah et vice-président du comité international d’Auschwitz. Arrivé à Terezín dans l’un des premiers convois, il se souvient de sa fuite du convoi qui aurait dû le déporter vers le camp d’Auschwitz-Birkenau :

Auschwitz
« C’était une fuite indirecte. J’ai été, en fait, condamné à mort, car j’avais été sélectionné pour le camp d’Auschwitz-Birkenau, pour des travaux dans des mines de souffre desquelles personne n’est jamais revenu. A la rampe où nous étions embarqués sur les wagons, j’ai vu dans le wagon d’à côté mes amis de Terezín. La nuit, j’ai rejoint, sous les feux des projecteurs, ce wagon qui n’allait pas à Auschwitz, mais vers un autre camp, Gross-Rosen, sur le territoire de l’actuelle Pologne, autrefois en Silésie allemande. »

Felix Kolmer,  photo: eu2009.cz
Après la guerre, Felix Kolmer est resté en Tchécoslovaquie. A la question de savoir si on en a fait assez pour que l’expérience du nazisme ne soit pas oubliée, il répond que beaucoup de choses ont changé depuis l’année dernière, qu’auparavant, la police hésitait plus à intervenir contre les manifestations de néo-nazis. Ce qui reste à faire, selon lui, c’est de renforcer la législation. Pour ce qui est des questions d’indemnisation, Felix Kolmer faisait partie de la délégation gouvernementale qui a négocié en l’an 2000 à Washington et à Berlin le dédommagement des victimes de l’holocauste :

Photo illustrative: Štěpánka Budková
« En ce qui concerne l’indemnisation financière, nous avons reçu pour le travail d’esclave effectué au profit de l’Allemagne nazie une indemnisation d’environ 10%, ce qui est évidemment très peu. C’était en l’an 2000 et, depuis, grâce aux efforts systématiques déployés à l’échelle internationale, nos revendications ont été chiffrées à 10 milliards de marks. En ce qui concerne la situation en République tchèque, il n’y a pas eu de restitutions. Beaucoup de biens appartiennent aujourd’hui aux communes. C’est le résultat de la décision malheureuse prise par le gouvernement de Václav Klaus au début des années 1990 de transférer les anciens biens juifs confisqués par l’Etat aux communes. Ces biens sont devenus pratiquement irrécupérables. »

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Soixante-cinq ans après la fin de la guerre, la question des restitutions demeure irrésolue. La conférence internationale organisée en juin dernier à Prague durant la présidence tchèque de l’UE a abouti à la déclaration dite de Terezín. Ses 46 signataires s’engagent à poursuivre leurs efforts en vue de rectifier les conséquences des saisies illégales de propriétés et des persécutions subies.