Il y a de cela 50 ans, Rudolf Slansky est devenu la victime de ses propres purges

Rudolf Slansky, photo: CTK

50 ans se seront écoulés, le 20 novembre, depuis l'ouverture d'un procès politique monstrueux qui a fini par la condamnation à mort de Rudolf Slansky, deuxième homme à l'échelle hiérarchique de la direction communiste en Tchécoslovaquie.

Rudolf Slansky, photo: CTK
Plus de 260 000 personnes, condamnées dans des procès politiques, ont passé par les prisons communistes, entre 1948 et 1989. 241 personnes ont été exécutées, la dernière en 1960. Parmi les procès politiques, celui du groupe Slansky occupe une place particulière. Le 20 novembre 1952, 14 hauts fonctionnaires du PCT, eux-mêmes responsables de l'organisation des procès contre les ennemis du régime, se sont retrouvés devant le tribunal. Onze d'entre été ont été condamnés à mort pour haute trahison. A part Rudolf Slansky, Vladimir Clementis, Bedrich Reicin, André Simone, Artur London, pour ne citer que les plus connus. Tous les 11 condamnés à mort étaient des Juifs.

Rudolf Slansky, photo: CTK
Pour le protagoniste du groupe, Slansky, deuxième homme du pouvoir communiste et ami de Gottwald, tout a commencé en juillet 1951. En fêtant ses 50 ans, il n'a pas reçu un télégramme de félicitations de Moscou, signe de ce que quelque chose se préparait. En effet, 4 mois plus tard, Slansky a été arrêté et inculpé d'organisation d'un complot ayant pour but la destruction du communisme. L'aveu public de Rudolf Slansky, retransmis en direct à la radio, a été le résultat des tortures physiques et psychiques pratiquées sous l'assistance de conseillers soviétiques. L'objectif du procès était d'éliminer de la direction du parti des personnalités de principe, capables d'une politique indépendante et donc, potentiellement dangereuses pour Moscou, personnalités qui ne se laissaient pas manipuler, dit l'historien Vojtech Mencl. A son tour, l'historien Kaplan explique les procès par des rumeurs hostiles à Israël régnant à l'époque en URSS et en Tchécoslovaquie. Après avoir aidé l'Etat d'Israël, entre autres par des fournitures d'armes, Staline s'attendait à une reconnaissance. Or Israël a tourné le dos au camp socialiste. A suivi une vengeance cruelle dont des Juifs, en Tchécoslovaquie et en URSS, sont devenues les victimes.

Ce fait n'est pas, selon des historiens, le seul paradoxe des procès politiques. Le système a balayé non seulement ses ennemis, mais aussi ses leaders. Dans les mêmes prisons, se sont alors retrouvées les personnes injustement jugées et les communistes responsables de leur incarcération. Un autre paradoxe, les fonctionnaires ont été libérés plus tôt que leurs victimes innocentes. Et les injustices ? Comme si elles ne s'étaient pas arrêtées là: le procureur Karel Vas, responsable de l'assassinat politique du général Heliodor Pika, n'a pas été, jusqu'à présent, puni pour ses actes.