Immobilier : les prix poussent les Tchèques à se tourner vers le micro-logement
En République tchèque, l’intérêt toujours croissant pour les appartements neufs s’accompagne d’une diminution progressive de leur surface. Selon les promoteurs immobiliers, au cours des dix dernières années, un espace équivalent à la taille d’une pièce (environ 10 mètres carrés) a disparu de l’appartement moyen proposé à la vente, et la superficie moyenne des constructions neuves s’élève désormais à environ 56 mètres carrés. Une tendance qui s’accompagne du développement des « micro-appartements » ou de logements qui, en raison de leur taille très réduite, ne répondent même pas aux critères définissant un appartement.
Prague est-elle appelée à devenir une ville dans laquelle ne logeront majoritairement plus que célibataires et touristes ? « L’un des principaux atouts de Prague est que les riches y vivent aux côtés des plus modestes et qu’il n’y a ni quartiers réservés aux riches ni ghettos », estimait pourtant encore Ondřej Boháč, directeur de l’Institut de planification et de développement de la ville de Prague, dans un entretien accordé à la Radio tchèque au printemps dernier. Lui-même est locataire, et, selon lui, ce dont la capitale tchèque a d’abord besoin, c’est « de logements locatifs (financièrement) abordables ».
« La ville a tout à gagner à ce que la classe moyenne y vive et y élève ses enfants », estime encore Ondřej Boháč. Et ce, d’autant plus, que selon une étude menée par le même Institut, malgré les prix du logement, les difficultés de stationnement et le trafic automobile, qu’ils considèrent comme les trois principaux points négatifs, une très grande majorité de Pragois apprécient leur ville et se disent satisfaits d’y vivre.
Actuellement, le prix moyen d’un appartement neuf à Prague est légèrement supérieur 188 000 couronnes par mètre carré (environ 7 675 euros). Il peut être encore plus élevé pour les logements plus petits, qui sont les plus demandés.
Face à cette inflation constante à Prague, mais aussi à Brno (+10 % en l’espace d’un an entre 2025 et 2026) et dans d’autres grandes villes, sur un marché qui est l’un des moins abordables en Europe sur le long terme, la République tchèque étant l’un des pays où accéder à la propriété d’un appartement neuf coûte le plus cher par rapport au niveau de rémunération, la tendance des « micro-appartements » prend de l’ampleur depuis déjà au moins trois à quatre ans. Ils ne représentent désormais plus uniquement une solution de secours, mais un logement « de départ » très prisé par les étudiants, les célibataires, les jeunes familles, les seniors ou encore les investisseurs.
D’une surface au sol comprise le plus souvent entre 15 et 25 mètres carrés, ces petits appartement, bien qu’ils ne fassent pas encore l’objet d’une définition uniforme sur le marché en République tchèque, sont construits dans le cadre de nouveaux projets immobiliers, mais ils sont également créés par la reconversion d’immeubles administratifs, d’anciens immeubles d’habitation voire d’hôtels. Se vendant bien et rapidement pour quelques millions de couronnes, ces appartements sont également un produit d’investissement intéressant dans la perspective de leur location.
Reste que même parmi les promoteurs immobiliers et autres professionnels du secteur de la construction, le développement de ces « micro-appartements » ne fait pas l’unanimité. Parmi eux, certains estiment que pour qu’un logement offre des conditions de vie dignes, sa superficie ne doit pas être inférieure à 25 mètres carrés, et que précisément les « micro-appartements » font souvent reculer la qualité de vie d’un siècle.





