Jan Dismas Zelenka interprété par Tomáš Šelc et le Collegium Marianum

Lacrimae. Tel est le titre de l’album sorti au printemps dernier chez Supraphon qui rassemble trois des plus grandes compositions liturgiques pour basse du compositeur tchèque Jan Dismas Zelenka, créées dans le cadre de l’orchestre de la cour de Dresde sur une période de sept ans. 

Collegium Marianum | Photo:  Martin Divíšek,  Letní slavnosti staré hudby

Fruit d’une collaboration entre le baryton basse slovaque Tomáš Šelc et l’ensemble de musique ancienne Collegium Marianum l’album intitulé Lacrimae est sorti fin mars aux éditions Supraphon. Si le compositeur Jan Dismas Zelenka y est au cœur, la flûtiste tchèque et directrice artistique du Collegium Marianum, Jana Semerádová, y interprète également le Concerto pour flûte de Giuseppe Tartini.

De Zelenka, ce sont donc trois œuvres liturgiques importantes dans sa carrière qui sont ici rassemblées : la Lamentation de Jérémie (1722), le psaume Confitebor tibi domine (1729) et l’antienne mariale Salve Regina (1724).

Spécialisé dans les musiques des XVIIe et XVIIIe siècles, le Collegium Marianum a été fondé en 1997 à Prague. Il fait partie des rares ensembles du pays qui ne se produisent pas seulement en concert, mais qui se consacrent aussi à des projets musico-dramatiques.

La sortie de cet album est aussi l’occasion de rappeler la destinée de Zelenka, artiste tombé dans l’oubli après sa mort en décembre 1785. Il faudra attendre le réveil national tchèque au XIXe siècle, l’historien František Palacký, mais aussi le compositeur Bedřich Smetana, pour que son œuvre soit redécouverte. Mais c‘est ensuite et surtout dans la deuxième moitié du XXe siècle qui voit un engouement sans précédent pour la musique baroque – et la musique ancienne en général – que Zelenka revient vraiment sur le devant de la scène.

De son vivant, Zelenka était admiré de ses contemporains comme Telemann, ou Bach avec lequel il a échangé. Et pourtant, les informations sur sa vie solitaire, sans femme ni enfants, en grande partie passée comme contrebassiste et compositeur à l’Orchestre de la cour de Dresde, restent parcellaires, l’homme restant dissimulé derrière son œuvre.

D’abord élève des Jésuites au Clementinum à Prague, ce catholique fervent, aîné d’une famille de huit enfants dont le père était organiste, a d’abord été au service du Comte Hartig avant de compléter sa formation à la cour protestante de Dresde, puis à Vienne, auprès de Johann Joseph Fux, et enfin à Venise, où il reçut les leçons d’Antonio Lotti.

Compositeur singulier, celui qui a été reconnu en son temps comme un maître du contrepoint effectue, selon les musicologues, une sorte de synthèse entre style italien et allemand.

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