JO : la légendaire Dana Zatopkova à Athènes pour soutenir Zelezny et Sebrle

Dana Zátopková con su esposo Emil

Vendredi soir, à Athènes, s'ouvriront les XXVIIIes Jeux olympiques d'été de l'ère moderne. 140 sportifs tchèques participeront à l'événement et tenteront de faire mieux que le total de huit médailles ramenées de Sydney en 2000. Parmi eux, les athlètes tchèques, dont les principaux espoirs de victoire reposent sur les épaules du décathlonien Roman Sebrle et du lanceur de javelot Jan Zelezny, pourront compter dans le stade olympique sur un soutien de choix, celui de Dana Zatopkova, championne olympique au lancer du javelot à Helsinki en 1952. A 81 ans, la femme du légendaire coureur de fond Emil Zatopek reste, en effet, la passionnée de sport et d'athlétisme qu'elle fut pendant toute sa vie. Et face au danger de gigantisme qui menace désormais la grande fête du sport, Dana Zatopkova s'est souvenue pour Radio Prague de l'atmosphère qui régnait lors de l'inoubliable olympiade en Finlande, voilà désormais 52 ans :

Emil Zatopek, Dana Zatopkova
« Elle était belle, bien entendu, et pour nous deux encore plus belle du fait que nous avions alors un âge auquel l'athlète connaît bien son sport et profite de ses expériences antérieures. On dit que 30 ans est l'âge idéal pour un athlète, un lanceur de javelot et un coureur. L'ambiance était aussi très bonne du fait que les Finlandais, très connaisseurs, manifestent beaucoup d'enthousiasme pour l'athlétisme. C'est vraiment tout un peuple qui participait aux Jeux. Et puis Emil et moi avons eu la chance de nous faire connaître au monde en remportant quatre médailles d'or. Tout le monde autour de nous nous admirait et cela a ensuite beaucoup influencé notre vie future. »

Malgré le plaisir qu'elle éprouve à évoquer ses souvenirs, c'est un regard empli de réalisme qu'elle porte sur l'évolution générale du sport et des Jeux olympiques en un demi-siècle :

« C'est facile de comparer, parce qu'à l'époque, l'athlétisme était encore un sport traditionnel, mais toute l'organisation autour des Jeux olympiques était également traditionnelle. Aujourd'hui, les Jeux sont suivis dans le monde entier, bénéficient d'un intérêt public bien plus grand et sont devenus, de par leur attractivité et parce que les gens le veulent, un bien plus grand « show ». Personnellement, je ne suis pas contre cette évolution, j'ai vécu avec toute ma vie et ça me semble donc évident parce que tout sur terre se modernise et évolue. Je me réjouis à l'idée d'aller à Athènes, mais parce que j'ai déjà vu beaucoup de Jeux olympiques et que je suis une spécialiste, le mieux pour moi serait de rester à la maison, avoir la liste des meilleurs athlètes mondiaux entre les mains et voir chaque discipline deux, voire trois fois pour savoir qui a mordu, pris un faux-départ, etc. Et rester bien confortablement assise devant la télévision. »

Malgré cet enthousiasme intact, les Jeux d'Helsinki, sa victoire et le triplé historique 5000 m - 10 000 m - marathon d'Emil Zatopek gardent une place particulière dans son coeur :

« Ca a été l'une des périodes les plus heureuses de notre vie. Tous les deux, nous nous consacrions au sport de haut niveau, à l'athlétisme. Et puis, ce n'est pas seulement grâce à notre talent, mais aussi à la chance que nous avons connu le succès. Car pour réussir, combien de fois il ne suffit pas seulement d'être talentueux, mais aussi d'avoir de la chance. Ca a donc été pour nous une période très heureuse. »