Journée des enfants disparus

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Le Myosotis, dans le langage des fleurs " NE M'OUBLIEZ PAS ", est le symbole de la Journée des enfants disparus qui se tient le 25 mai en mémoire d'un garçon de 6 ans enlevé à New York qui n'a jamais été retrouvé. Cette année, en République tchèque, l'affaire de deux enfants maltraités, Ondrej et Anna, cette dernière étant portée disparue depuis près de deux semaines, a sensibilisé comme jamais auparavant l'opinion publique sur cette problématique.

La fondation tchèque Nase Dite - Notre enfant, qui s'est chargée de l'organisation de cette journée, se félicite de l'intérêt accru de l'opinion publique et du gouvernement pour la problématique des enfants disparus, maltraités et abusés. Comme l'a dit lors d'une conférence de presse la présidente de la Fondation, Zuzana Baudysova, il a fallu une affaire aussi grave pour que, de même que dans l'affaire Dutroux il y a quelques années en Belgique, les autorités tchèques réagissent:

« Le comportement bestial dont les deux enfants, Ondrej et Anna, ont été victimes a soulevé une vague d'intérêt pour la protection des enfants et je m'en félicite, même s'il s'agit d'une affaire aussi grave, car depuis 14 ans notre fondation appelle, en vain, à ce que la protection des enfants en République tchèque soit une priorité absolue. »

Le nombre d'enfants maltraités en République tchèque accuse une tendance à la hausse, de plusieurs centaines chaque année. Selon Zuzana Baudysova, il en est ainsi aussi du fait que les enfants sont mieux instruits et de plus en plus de cas de maltraitance sont signalés à la ligne de sécurité. Les chiffres du ministère du Travail et des Affaires sociales indiquent que 7 500 enfants sont maltraités et abusés chaque année en République tchèque.

Une tendance à la hausse est patente également dans les statistiques sur les enfants disparus. L'année dernière, la police a recherché 8117 enfants, soit de 3000 de plus par rapport à 2005. Depuis le début de l'année, la police recherche 3596 enfants. 891 d'entre eux sont des enfants qui ont fui leur famille, et le reste, beaucoup plus nombreux, ceux qui fuient les établissements sociaux et les foyers de l'enfance. Les raisons de ces fuites sont très diverses, explique Pavla Kopecka, porte-parole du service de la police criminelle et des recherches :

« Pour ce qui est des enfants âgés de moins de 15 ans, ce sont le plus souvent des problèmes de famille. En ce qui concerne les soi-disant enlèvements d'enfants, il s'agit de la façon dont l'un des parents règle les problèmes pendant ou après le divorce. Quant aux enfants plus âgés, entre 15 et 18 ans, le motif de la fuite est le désir de devenir indépendant, et dans des cas plus graves, c'est la dépendance aux jeux, aux drogues, etc. »

Une campagne Stop violence sur les enfants et une autre qui sera lancée le 1er juin sous le nom de Carton rouge, comme en football, les deux organisées par la Fondation Notre enfant, se proposent de sensibiliser davantage l'opinion publique à ne pas rester indifférent à la problématique des enfants disparus et maltraités qui n'ont pas eu la chance de naître dans une famille affective et soignante.