Joyeuses Pâques en musique !

Jiří Pavlica et Hradišťan, photo: Site officiel de Jiří Pavlica et Hradišťan
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Pour notre émission spéciale du Dimanche de Pâques, Radio Prague vous propose d’écouter des chansons qui sont, peut-être pour certaines, moins connues du grand public que d’autres, mais qui rendent hommage aux Fêtes de Pâques, et que les Tchèques, quoique majoritairement athées, aiment célébrer. Figurent au programme de la prochaine demi-heure, quatre morceaux peu connus du guitariste Karel Kryl, des chansons printanières du compositeur et violoniste folk Jiří Pavlica et de son ensemble Hradišťan, ainsi que du compositeur du XVIIe siècle Adam Václav Michna de Otradovice.

Jiří Pavlica et l’ensemble musical Hradišťan

« Dimanche de la Passion, où as-tu mis les clés ?
Je les ai donnés au Dimanche des Rameaux.
Dimanche des Rameaux, où as-tu mis les clés ?
Je les ai donnés aux lundis fleuris. »

L’ensemble musical Hradišťan de Jiří Pavlica ouvre notre émission musicale de façon joyeuse et festive. C’est dès 1970, que Jiří Pavlica en tant que violoniste, et en tant que chef de l’ensemble, fait partie de Hradišťan, cet ensemble d’une dizaine de musiciens qui interprètent des chants folk. L’album Studánko rubínko, soit Source ou puits de rubis en français paru en 2009, n’est pas seulement un album destiné aux enfants, qui y sont représentés par une chorale d’enfants de cinq à douze ans, mais il trouvera sûrement ses fans auprès des plus âgés.

Cet album a voulu mettre l’accent sur le fait qu’il est important de chanter ensemble, et en compagnie des plus petits et des plus grands, autour de différents thèmes qui rassemblent. L’album contient six parties contenant plus d’une trentaine de chansons qui veulent réveiller le printemps et la bonne humeur. Dans notre émission sur Radio Prague, nous vous présentons trois chansons festives d’une des séquences intitulée Doba velikonoční – Le Temps de Pâques, qui s’approprient à merveille l’atmosphère pascale en compagnie des chants d’enfants.

« Lorsque les montagnes sont devenues vertes,
et fleurissaient de fleurs bleues,
Marie s’en est allée, elle s’en est allée en pleurant,
à la recherche de son fils. Elle y a trouvé les apôtres,
ils étaient tristes, lugubres,
comme jeudi au dîner,
lorsqu’il a partagé le pain et l’a donné. Quand il a partagé le pain et l’a offert,
il leur a donné à boire son sang saint.
,,Buvez, mangez et fêtez,
souvenez-vous de ce soir"
Avec notre Christ le Seigneur bien-aimé
jusqu’à la fin des temps Amen! »

Quatre chansons de Pâques signées Karel Kryl

« La terre est rouge sang et les arbres se taisent à Nazareth,
la première et la dernière fois toujours - comme dans un irréel cabaret,
nous sommes trop faibles dans la foi, même s’ils traînent le Christ sur la croix,
et s’ils tuent le berger, les brebis s’égailleront. Les croix s’élèvent vers la lune et les épines saluent le Messie,
des rossignols chantent dans le jardin, il fait nuit, elle attend Judas,
la lune nacrée brille, nous jurons allégeance,
maintenant, pour la deuxième et même pour la troisième fois,
nous renions le Christ et nous-mêmes. »

Photo: Bonton
Le 12 avril dernier, le chanteur et guitariste Karel Kryl aurait fêté ses 73 ans. Un anniversaire qu’il aurait célébré pendant les fêtes de Pâques. Le chanteur adulé du grand public pour ses chansons protestataires contre le régime communiste a sorti en 1974 l’album « Carmina resurrectionis », le seul album à thématique de Pâques qui compte uniquement quatre chansons : Jidáš (Judas), Zapření Petrovo (Le reniement de Pierre), Žalm 71 (Psaume 71) et Děkuji (Merci).

Les motifs religieux de ces quatre chansons sont les seuls motifs religieux que l’on retrouve dans l’œuvre folk de Karel Kryl, qui voulait à travers cet album s’interroger d’abord lui-même sur le caractère joyeux et triste de la période des fêtes de Pâques. Dans un entretien accordé à la Radio tchèque, Karel Kryl avait révélé une fois qu’il voulait tout d’abord composer Une Messe sainte, et que finalement c’est le LP « Carmina resurrectionis », qui se veut être, selon ses propres mots, un clin d’œil rigolo à ces fêtes. Si c’est tout d’abord le morceau Žalm 71 (Psaume 71) qui voit le jour en 1971, Karel Kryl autofinance son propre album de quatre chansons et le sort trois ans plus tard lors de son exil à Munich.

« Trois fourmis noires
se noient dans la larme d’une chevrette
Des inscriptions sur la gerbe
et des épines sur la couronne
Nous tombons sous le poids
et nous essayons de ramper
en traînant sur la croix
notre solitude et notre douleur Le ciel est rose
sur le chemin de croix
nous allons peut-être reposer enfin
comme un épillet de blé
Nous reposerons sans colère
suturés au bois
Puisque, le crime le plus grave
est de prêcher l’amour »

Adam Václav Michna d’Otradovice et sa Musique pascale tchèque

Adam Václav Michna d’Otradovice
Considéré comme le musicien tchèque le plus important du XVIIe siècle, Adam Václav Michna d’Otradovice naît dans la famille du burgrave du château de Jindřichův Hradec. Comme son père, il devient organiste et compose tant des chants suivant la tradition de la musique de Bohême que des chants religieux. Adam Michna compose dès 1647, plusieurs chants spirituels suivant la thématique de Pâques, comme Le Passamezzo pascal (Velikonoční passamezza), nom donné à une danse de la Renaissance italienne. Il complètera ces pièces en 1661 par d’autres chants, comme La Résurrection du Fils de Dieu (Slavné syna božího vzkříšení), qui font désormais partie du recueil des morceaux d’Adam Michna portant le titre de Česká velikonoční muzika, soit La Musique pascale tchèque.

Précisons qu’Adam Václav Michna, également poète, a été l’instigateur de l’expansion de la culture de la musique baroque tchèque, et est devenu par la suite l’une des grandes inspirations de plusieurs générations de compositeurs dans l’essor de la tradition de la musique nationale de Bohême.