La République tchèque redécouvre la bande dessinée

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Méconnue en République tchèque, la bande dessinée, ou B.D, reste considérée par le grand public comme un genre mineur et principalement destiné à la jeunesse. En effet, les albums pour les enfants et les adolescents forment l'essentiel de ce qui a pu être publié en Tchécoslovaquie.

Méconnue en République tchèque, la bande dessinée, ou B.D, reste considérée par le grand public comme un genre mineur et principalement destiné à la jeunesse. En effet, les albums pour les enfants et les adolescents forment l'essentiel de ce qui a pu être publié en Tchécoslovaquie. Ainsi, « Rychle Sipy », « Flèche rapide », de Foglar et Cermak qui est l'une des plus ancienne B.D du pays, relate les aventures d'un groupe de scouts intrépides. « Kocour Vavrinec a jeho pratele » nous conte les aventures d'un matou et de ses amis. Certains magazines destinés à la jeunesse dont « ABC », « Junak » et « Ctyrlistek », permirent à des séries de voir le jour et de se populariser. Pour ceux qui en avaient les moyens, « Pif Gadget », bien connu en France, tenait également une place de choix auprès des jeunes lecteurs.

Dans les années soixante, la bande dessinée a pu se développer et s'adresser aux adultes. Une certaine forme de « tolérance culturelle » passant par un relâchement de la censure, permit à Karel Saudek de caricaturer, dans le journal « Mlady Svet », les célébrités du monde du spectacle, à partir desquelles il créa un univers plein d'un humour grinçant et satirique. Avec le retour de la normalisation politique dans les années soixante-dix, Saudek, et bien d'autres cessent d'avoir pignon sur rue. La bande dessinée, ainsi muselée, se maintient uniquement dans les publications pour la jeunesse.

Avec l'ouverture du pays suite à la chute du communisme, la bande dessinée refait une discrète apparition dans la presse écrite sous forme d'histoire courte et humoristique. La renaissance d'albums tels qu'on les connait en Europe occidentale, et particulièrement en Belgique et en France, est très récente en République tchèque. Quelques maisons d'éditions, une petite dizaine au total, tentent le pari de faire connaître et apprécier aux Tchèques cette nouvelle forme d'expression et de lecture. Les traductions de bande dessinée américaine viennent en première ligne, mais les albums issus du monde francophone ont aussi leur part de succès.

Pour ceux qui, d'ailleurs, lisent directement en français, la médiathèque de l'Institut français de Prague a mis à leur disposition un fond récent et tres élargi, quant aux choix des auteurs.

Dans le but de mieux faire connaître la bande dessinée au public pragois, une exposition sera organisée au refectoire de Strahov de la mi-juin à la mi-septembre 2002 . Entre six et dix auteurs français du début des années 90 verront, pour chacun d'entre eux, quinze à vingt de leurs planches exposées. Il s'agit de Nicolas de Crécy, David B., Sfar, Rabaté, Dupuy and Berberian, et peut-être Claire Wendling, tous bien connus du public français, amateur de B.D et de son festival à Angoulême. Soutenue par l'institut français de Prague et le musée de la littérature tchèque, l'idée a été lancée et reste l'exclusivité d'Aude Brunel, traductrice, et d'Ivan Stable des éditions « Mot », tous deux commissaires de cette exposition.

Auteur: Magdalena Segertová
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