La Tchéquie comme possible base avancée des entreprises chinoises en Europe

Wang Yi, photo: ČTK

D'après le premier ministre tchèque Bohuslav Sobotka, Prague pourrait accueillir le centre des institutions financières chinoises pour l'Europe et ainsi devenir l'avant-poste des entreprises chinoises sur le Vieux Continent. C'est ce qu'il a déclaré mardi après une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi, dont la visite est la première d'un chef de la diplomatie chinoise en République tchèque depuis quatorze ans.

Wang Yi, photo: ČTK
Il faut dire que les relations entre les deux pays ont rarement été aussi bonnes, la Tchéquie ayant en effet amorcé il y a quelques années un tournant dans sa politique étrangère vis-à-vis de Pékin. Il s'agit désormais de faire fructifier les échanges économiques en n’embarrassant plus les Chinois avec des questions relatives aux droits de l'homme, politique qui était notamment celle privilégiée par l'ancien président Václav Havel.

Ainsi le chef du gouvernement tchèque verrait bien Prague devenir la base avancée des établissements financiers chinois en Europe centrale et orientale, mais également pour l'Union européenne a-t-il annoncé. Avant la fin de l'année, la société Bank of China, la quatrième banque chinoise, doit ouvrir une succursale dans la capitale tchèque et y employer entre 15 et 20 personnes. Le groupe d'investissement China Energy Company Limited (CEFC) veut également disposer de son siège en Europe à Prague. La société est déjà entrée dans le capital de plusieurs entreprises tchèques, telles que Travel Service ou le club de football pragois Slavie. Jusqu'alors directeur adjoint du protocole au Château de Prague, Miroslav Sklenář vient justement d'être recruté par le groupe chinois.

D'ici un an, Bohuslav Sobotka devrait à son tour se rendre en Chine, voyage dont est désormais coutumier le président Miloš Zeman, qui s'est d'ailleurs également entretenu avec Wang Yi. Le premier ministre rencontrera les plus hauts représentants chinois et participera également à une conférence du groupe des 16+1, qui correspond aux pays d'Europe centrale et orientale et à la Chine.

Au menu des discussions avec le chef de la diplomatie tchèque, il a également été question du développement rapide du tourisme chinois en Tchéquie (avec une augmentation de la fréquentation estimée à 50% cette année) et de l'ouverture possible de nouvelles lignes aériennes directeurs entre les deux pays, alors qu'a justement été inauguré à la mi-septembre le vol Prague-Pékin.

Avec 42 milliards de couronnes d'exportation en 2014, la Chine est pour l'heure la dix-huitième destination pour les entreprises tchèques. De son côté, Pékin exportait la même année 363 milliards de couronnes de biens vers la Tchéquie.