La victoire des pilotes tchèques

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Pas de grève à l'aéroport de Prague - voilà le résultat de longues négociations, dans la nuit de jeudi à vendredi, entre les pilotes révoltés et la CSA, compagnie aérienne tchèque. Par Magdalena Segertova.

Les pilotes tchèques ont donc gagné leur petite guerre : plus de raison de se mettre en grève illimitée, qui devait commencer vendredi matin, car ils toucheront plus d'argent. Au début des négociations, les pilotes demandaient une augmentation de 37%, mais la CSA n'a voulu accepter que 26%. Les pilotes ont été intransigeants, d'autant plus qu'ils ont pu compter sur le soutien de leurs collègues étrangers des autres compagnies aériennes, faisant partie, tout comme la CSA, de l'alliance SkyTeam. La CSA était plus au moins mise au pied du mur : seulement une quarantaine de ses 350 pilotes ne se sont pas ajoutés aux protestations. Demander l'aide aux pilotes étrangers n'a pas été possible non plus... Malgré tout cela, la CSA a promis à ses clients de ne pas annuler un seul vol. Finalement, pas besoin d'appliquer le scénario de crise : jeudi, vers minuit, le compromis entre les deux parties est né. En effet, c'est un compromis, car, finalement, les salaires des pilotes n'augmenteront ni de 37, ni de 26, mais de 30% .

Est-ce peu ou beaucoup ? Tout dépend de l'angle de vue. Les pilotes veulent gagner autant que leurs collègues de l'Union européenne. Quelques chiffres pour comparer : en République tchèque, un pilote touche, à présent, 61 000 couronnes en moyenne (plus de 12 000 FF), en Allemagne, par exemple, l'équivalent de 190 000 couronnes. Un autre argument en faveur des rebelles : les billets d'avion, les carburants et les avions mêmes coûtent, en République tchèque, aussi cher qu'à l'Occident, alors pourquoi nos pilotes ne pourraient pas avoir les revenus occidentaux ? ... La CSA contre-attaque : les salaires des pilotes ne peuvent pas être tirés du contexte, ils doivent aussi répondre à la situation actuelle dans le pays. En effet, de ce point de vue, les pilotes n'ont vraiment pas à ce plaindre. Ils gagnent quatre fois plus qu'un Tchèque moyen, alors que les pilotes allemands le triple d'un revenu moyen. Que dire à la fin ? Que, probablement, tous les Tchèques souhaiteraient avoir les porte-monnaie aussi remplis que les Occidentaux, gagner autant d'argent qu'eux pour un travail de la même qualité. Malheureusement, tout le monde n'a pas les mêmes armes que les pilotes. Ou heureusement, qui sait ?...

Auteur: Magdalena Segertová
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