Le Bal, un spectacle qui fait rire et... pleurer

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Cela fait neuf ans que les Tchèques et les Slovaques vivent séparément. Mais les liens qui se sont tissés entre eux au fil des décennies de vie commune semblent inébranlables. Ils sont toujours là, autant invisibles que puissants, indépendants des résultats des élections, des cours de nos couronnes, de l'échange commercial, des relations bilatérales... Voulez-vous une preuve ? Rien de plus simple. Chaque année, en février, le théâtre pragois, Divadlo Bez zabradli, organise le Festival du théâtre slovaque. Chaque année, les spectacles se jouent à guichet fermé... Un autre exemple, tout récent : dimanche et lundi derniers, le Théâtre national slovaque a présenté au public pragois son adaptation de la fameuse pièce française, Le Bal, de Jean-Claude Penchenat, créé, au début des années 80, au Théâtre du Campagnol à Paris. Certains d'entre vous se souviennent peut-être de l'excellent film du même nom, signé le réalisateur italien Ettore Scola. L'histoire du Bal se passe, effectivement, au bal : dans un café dansant. On y retrouve un groupe d'hommes et de femmes, venus se distraire, et aussi, on ne sait jamais, trouver le grand amour. Chacun d'entre eux a ses traits caractéristiques, chacun représente un certain type humain. Chacun est drôle à sa façon... Et voilà, les héros du Bal défilent devant nous et vivent, sur le parquet, leurs destins, tantôt rigolos, tantôt tragiques. Et tout cela sans prononcer, pendant deux heures un seul mot ! Ils nous racontent, à part leurs propres vies, celle de leur pays. A travers la musique, les chansons, la danse et les sketchs, on nous rappelle les grands moments de l'histoire slovaque, ou plutôt tchécoslovaque, du XXe siècle : l'entre-deux-guerres, le fascisme, l'holocauste, l'exil, le communisme, l'occupation de 1968, les fameux matchs de hockey sur glace contre les Soviétiques, la Révolution de velours, la partition de la Tchécoslovaquie et... le début du nouveau millénaire : l'époque des mobiles, des mouvements extrémistes et racistes, du désenchantement politique... A la fin du spectacle, des applaudissements frénétiques du public, des "bravos" et aussi beaucoup d'émotions et quelques petites larmes des deux côtés de la salle...

Auteur: Magdalena Segertová
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