Le chef de la diplomatie tchèque marque son soutien à l’opposition birmane

Photo: CTK

Karel Schwarzenberg, le ministre tchèque des Affaires étrangères, termine ce jeudi sa visite en Birmanie, pays dirigé jusqu’en 2011 par une junte militaire autoritaire, et encore régulièrement condamné pour ses atteintes aux droits de l’homme. En sus de quelques réunions de travail, le ministre a voulu marquer le soutien de l’Etat tchèque à l’opposition birmane en rencontrant des représentants de la société civile et notamment Aung San Suu Kyi, la lauréate du prix Nobel de la paix 1991 pour son combat pour la démocratie.

Aung San Suu Kyi et Karel Schwarzenberg, photo: CTK
C’est dans le cadre du programme d’aide aux enfants birmans et de coopération pour l’éducation et la santé que le ministre tchèque des Affaires étrangères effectuait une visite dans un pays souvent méconnu du sud-est asiatique : la Birmanie. Officiellement, la junte militaire ne dirige plus cet Etat depuis l’année dernière, remplacée par un pouvoir civil. Pourtant, de nombreux militaires de l’ancien régime ont un rôle prépondérant dans le nouveau gouvernement. Les pays occidentaux ont longtemps condamné et condamnent encore les violations des droits de l’Homme commis par ce qu’ils considèrent être une dictature. La situation semble cependant évoluer lentement avec l’amnistie accordée à certains prisonniers politiques et la tenue d’élections partielles en avril dernier. Celles-ci ont permis de promouvoir les idées démocrates portées par l’opposante historique Aung San Suu Kyi, qui les remporte et est élue députée.

Et la visite du ministre était ainsi l’occasion de manifester le soutien des autorités tchèques à l’opposition birmane. Karel Schwarzenberg n’a donc pas manqué de rencontrer Aung San Suu Kyi, la figure de cette opposition, très populaire en Occident, comme en a témoigné le succès de sa récente tournée européenne. Le ministre lui a symboliquement offert une rose, laquelle fait référence à l’article écrit en 2005 par Václav Havel dans les colonnes du Washington Post en hommage à la dissidence birmane. La Dame de Rangoon, surnom que lui ont donné certains médias, a regretté ne pas avoir pu rencontrer l’ex-dissident et président tchèque :

« J’ai toujours voulu le rencontrer personnellement et je suis très triste de ne pas avoir eu cette opportunité. Mais je me sens encore très proche de lui. »

Il faut dire que Václav Havel et Aung San Suu Kyi semblent partager beaucoup en commun. Emprisonnés, assignés à résidence, continuellement surveillés, ces deux visages du militantisme pour les droits de l’Homme ont payé le prix de leur engagement. Beaucoup estimaient que le « président-philosophe » tchèque aurait mérité de recevoir le prix Nobel de paix, une récompense attribuée à la Dame de Rangoon en 1991. Mais ce n’est pas la seule activiste en lutte contre l’autoritarisme de la récente République de l’Union du Myanmar, le nom officiel de la Birmanie. Certains birmans profitent de ce climat de relative détente pour parler de la situation politique de leur pays à l’image de Phyu Puse, membre du mouvement Generation Wave, qui évoque ses années passées en prison :

« Au début, ça a été très dur. J’ai reçu sept ans de prison pour activité illégale. Heureusement, après quatre ans, j’ai été libéré grâce à l’amnistie. »

Karel Schwarzenberg et Aung San Suu Kyi, photo: CTK
« A Rome fais comme les Romains » dit le proverbe. C’est donc un Karel Schwarzenberg vêtu à la birmane qui a salué le courage des militants pour la liberté, et rappelé que le chemin qui y mène est toujours ardu. Les informations sur les évènements qui se déroulent dans cette partie du monde ne parviennent que rarement aux oreilles des Européens et la présence du ministre permet d’attirer l’attention sur la lutte pour les droits humains en Birmanie. On l’écoute :

« Le plus important pour nous est de savoir précisément quelle est la situation ici. »

Au programme du ministre tchèque, figuraient également des réunions de travail avec son homologue de la Chambre basse du Parlement, avec le ministre des Transports birman et avec le président Thein Sein. Par ailleurs, trois enfants birmans font partie ce jeudi du voyage retour. Souffrant de problèmes cardiaques, ils seront soignés à Prague dans le cadre du programme humanitaire MEDEVAC.