Le cinéma maghrébin au rendez-vous à Prague

r_2100x1400_radio_praha.png

L'Institut français de Prague propose, à la fin de ce mois, les projections de films du Maghreb. Le premier de cette série s'appelle Le harem de Madame Osmane et il a été tourné, il y a deux ans, par un jeune réalisateur algérien, Nadir Moknèche. C'est une histoire tragi-comique qui se passe à Alger, au début de la guerre civile en 1993. Histoire de Madame Ossman, ancienne maquisarde de la guerre de l'Indépendance, abandonnée par son mari. Au lieu de lutter contre ses propres frustrations, elle s'acharne à contrôler les faits et gestes des locataires de son immeuble. Nadir Moknèche, au micro de Magdalena Segertova, sur son film qui nous fait découvrir ce côté de l'Algérie, que l'on ne connaît pas trop : la vie de son élite...

Resumé de l'entretien: "Auparavant, j'ai fait déjà deux courts métrages sur cette situation d'une femme trahie par son homme. Je m'étais beaucoup inspiré de Médée d'Euripide... Madame Ossman a connu son mari pendant la guerre, comme Médée, donc il y a un lien très fort qui les unit. Ils ne se sont pas connus dans une boite de nuit ou dans la rue... Ces gens-là allaient devenir l'élite du pays, c'étaient eux qui allaient le diriger et le tirer vers ce que l'on pourrait appeler la modernité. A un moment donné, en 1993, où la situation en Algérie commençait à être catastrophique, on retrouve ces deux révolutionnaires séparés. Lui, il vit en France avec une maîtresse française, avec l'ennemie, comme dit Mme Ossman. Elle, elle est abandonnée, non divorcée. Mais dans son esprit, elle veut garder la situation comme elle était avant..."

Auteur: Magdalena Segertová
lancer la lecture