Le conflit israelo-palestinien - la Tchéquie n'est pas indifférente

Rendue publique de l'initiative de l'Ambassade internationale chrétienne Jérusalem, lundi, sur la place Venceslas, dans le centre de Prague (Photo: CTK)

La journée de lundi a été marquée par deux résolutions concernant le conflit israelo-palestinien. Deux documents bien différents, tant par la forme que par le contenu. Alain Slivinsky.

Rendue publique de l'initiative de l'Ambassade internationale chrétienne Jérusalem, lundi, sur la place Venceslas, dans le centre de Prague (Photo: CTK)
Le premier document est des plus officiels, puisqu'il s'agit d'une résolution adoptée par la Commission de l'ONU pour les droits de l'homme, à Genève. Cette résolution condamne Israël pour l'assassinat massif des Palestiniens et appelle l'Etat hébreu à mettre fin à ses opérations militaires, sur la rive ouest du Jourdain. Sur 53 membres de la Commission, 40 ont voté pour. La République tchèque a voté contre l'adoption de cette résolution, en commun avec l'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, le Guatemala. Sept autres Etats se sont abstenus : l'Italie, la Pologne, le Japon, la Croatie, le Burundi, le Cameroun et l'Uruguay. Indiquons que le ton du texte présenté à l'origine a été jugé comme trop fort par certains Etats, dont la France. En définitive le texte a été modifié pour remplacer, par exemple, des termes comme « terrorisme d'Etat », pour les opérations israéliennes, par « assassinat massif », ou « martyrs », pour les victimes palestiniennes, par « morts ». Néanmoins, comme l'explique Alexander Slaby, ambassadeur tchèque près l'ONU, à Genève, cette résolution est restée inacceptable pour la Tchéquie, en raison de son manque d'équilibre. Il y manque un appel aux Palestiniens, leur demandant de mettre fin à leurs actes terroristes, tout en condamnant, unilatéralement Israël, sans prendre en compte le caractère bilatéral de la violence. Selon Slaby, la Tchéquie exprime sa solidarité au peuple palestinien dans sa volonté de former un Etat indépendant, mais le problème doit être réglé par des solutions pacifiques, en abandonnant toute forme de violence et de terreur.

L'autre document, dont nous avons parlé, est une résolution présentée sous la forme d'une pétition condamnant les attaques terroristes contre les Juifs. Elle refuse, aussi, la propagande palestinienne conduit à la haine antisémite. Il s'agit d'une initiative de l'Ambassade internationale chrétienne Jérusalem, rendue publique, lundi, sur la place Venceslas, dans le centre de Prague, et invitant à la signature d'un texte demandant à la Tchéquie de manifester sa solidarité avec Israël, victime du terrorisme. Rappelons que le ministère des Affaires étrangères tchèques a, déjà, condamné la vague d'actes terroristes palestiniens. Le président de la représentation tchèque de l'Ambassade, Mojmir Kallus, affirme que cette pétition ne vise pas les Arabes en général, mais les terroristes arabes, et ajoute : « Nous considérons les Palestiniens comme les principales victimes de la situation actuelle. Le principe des chrétiens est de prendre soin de tous ». Selon Kallus, il est triste de constater que la communauté internationale ne fasse pas de différence entre l'action de tuer des innocents et les opérations militaires destinées à les protéger. Le résultat est que l'agression et la défense sont placées au même niveau moral. L'initiative se prolongera, jusqu'à fin août, et a reçu le soutien de l'Association missionnaire chrétienne, du Centre chrétien Sion, de l'Ensemble de l'Unité fraternelle, de l'Opération Ester, de l'Organisation Sidonius et de l'Association des résistants et soldats juifs, près la communauté juive de Prague.