Le Liechtenstein et la République tchèque viennent d’établir des relations diplomatiques

Aurélie Frick et Jan Kohout, photo: CTK

La déclaration sur l’établissement des relations diplomatiques entre la République tchèque et la Principauté de Liechtenstein a été signée ce mardi à Prague par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Aurélie Frick et Jan Kohout :

Aurélie Frick et Jan Kohout, photo: CTK
« Je suis très heureux que ce soit nous deux, avec madame la ministre Aurélie Frick, qui remplissions, 70 ans plus tard, la dernière place blanche sur la carte diplomatique de l’Europe, car le Liechtenstein était le dernier pays à ne pas avoir de relations diplomatiques avec la République tchèque. »

Le Liechtenstein n’a pas reconnu la création de la République tchèque, en 1993, à cause d’un différend patrimonial historique concernant les biens de la famille des Liechtenstein confisqués en tant qu’allemands en vertu des décrets du président Beneš après la Seconde guerre mondiale. La famille Liechtenstein a acquis d’importants biens sur le territoire tchèque après 1620, date de la défaite de la Montagne blanche dont les plus connus sont ceux dans le sud de la Moravie. En 1989, le prince Hans Adam II a fait la première tentative en vue de se faire restituer les anciens biens de sa famille. Bien qu’elle ait été rejetée car considérée comme infondée, Prague n’a jamais cessé de réitérer sa préparation à l’établissement de relations diplomatiques, sans conditions et revendications quelconques. Seize ans après la partition de la Tchécoslovaquie, cet objectif est maintenant atteint, comme le souligne le ministre Kohout :

« Les deux pays sont parvenus à la conclusion que la situation était improductive et ne permettait pas une protection suffisante de leurs propres intérêts et des intérêts de leurs citoyens. Pour cette raison, les deux gouvernements ont décidé de l’établissement de relations diplomatiques. »

Parallèlement à la déclaration, un mémorandum cadre sur la future coopération a été signée. Selon Jan Kohout, la République tchèque a tout intérêt à développer une coopération aussi bien dans le cadre du processus d’intégration européen qu’au sein des organismes internationaux, et il existe également un large potentiel bilatéral pour coopérer dans les domaines économique, financier, culturel, de l’enseignement, du tourisme et d’autres encore :

« Avec la ministre Aurélie Frick, nous avons convenu de la conclusion des accords sur la prévention de la double imposition concernant l’impôt sur les revenus et la taxe foncière. »

Compte tenu la longue histoire des liens réciproques entre Tchèques, Moraves, Silésiens et la Principauté de Liechtenstein, et de l’absence d’un dialogue durant les décennies écoulées, il a été convenu d’initier la création d’une commission d’historiens qui examinerait des approches différentes au sujet de certaines questions historiques, y compris l’histoire du XXe siècle. Jan Kohout espère que cette commission commencera ses travaux en 2010.

De son côté, Aurélie Frick s’est félicitée de la signature de la déclaration, résultat de l’accord des deux pays qu’il était dans leur intérêt d’avoir de bons rapports entre eux :

« Je suis sûre et je veux croire que par cette signature nous renouons avec une riche histoire commune qui dure depuis plusieurs siècles et que ce passé commun nous donnera beaucoup de points communs pour coopérer. Cette signature, aujourd’hui, n’est pas que le symbole, le signe voulu d’un nouveau début. Par ce jour, le chapitre de notre passé commun ne se referme pas : nous sommes en train d’ouvrir un nouveau chapitre très important, très marquant au regard de l’avenir. »