Le lobbying des brasseries tchèques pour "leur" bière
Les brasseries tchèques ont décidé de lutter pour le maintien des technologies de production traditionnelle grâce auxquelles la bière tchèque a un goût et une saveur inimitables. A Bruxelles, où l'on prépare une nouvelle directive devant stipuler le volume d'énergie autorisé et la quantité de déchets nécessaires pour la production d'un hectolitre de bière, les brasseries ont envoyé une demande pour que l'appellation "bière tchèque" fasse l'objet d'une exception.
La recommandation actuellement en préparation à Séville sur la technique de production dite « optimale » complétera la directive du Conseil de l'Union européenne sur la prévention intégrée et la limitation de la pollution de l'environnement. D'ici 2007, toutes les entreprises industrielles doivent remplir les conditions de la directive sous peine de sanctions et de fermeture. Maintenant, c'est au tour des brasseries. "Ce n'est pas un secret que les frais de production de la bière tchèque sont deux fois plus élevés," dit Jiri Fusek, chef de l'Union des petites brasseries indépendantes. "Cela est dû à son caractère et à une technologie de production tout à fait différente, c'est dire que l'on compare l'incomparable," ajoute-t-il. Si les brasseries devaient s'y soumettre, elles seraient non seulement obligées de réaliser des investissements énormes dans les lignes de production, après quoi la bière ne serait plus ce qu'elle est, mais, surtout, elles devraient modifier le procédé de production. La bière tchèque perdrait son originalité et ce qui la distingue des autres bières, à savoir un goût fort et harmonieusement amer, ainsi que sa couleur typique. Son secret réside non seulement dans l'utilisation des matières premières mais aussi dans les technologies traditionnelles: le processus de maturation est naturel, sans accélération, le malt provient uniquement d'espèces d'orge du terroir, et il en est de même pour le houblon. "Bien entendu que ces technologies sont plus exigeantes au regard des énergies et rendent la production plus chère", affirme Josef Tolar, brasseur de Budvar Ceske Budejovice.
L'originalité de la bière tchèque est reconnue par les propriétaires étrangers des brasseries tchèques et ils n'ont aucunement l'intention d'intervenir dans la spécificité des marques, refusant de risquer que la bière modifiée ne soit plus accueillie positivement sur le marché. « Ils soutiennent donc la campagne en faveur de la bière tchèque puisqu'elle est unique en son genre », dit Frantisek Krakes, directeur général de la brasserie Starobrno. Un autre argument pour - les exportations: l'année dernière, elles ont augmenté de 12% pour passer à 2,4 millions d'hectolitres. Les brasseries, unies en association, espèrent obtenir une réponse positive de Bruxelles, qui, d'ailleurs, avait déjà reconnu l'appellation « bière bavaroise ». Mais ce n'est toutefois, au plus tôt, qu'à la fin de l'année qu'elles peuvent attendre une réponse de Bruxelles.




