Le mauvais état du pont de Libeň conduit à sa fermeture

Le pont de Libeň, photo: ČTK

La mairie de Prague a décidé de la fermeture du pont de Libeň aux voitures et aux transports publics. Situé sur un axe de communication important, le pont se trouve dans un état déplorable depuis plusieurs années, sans qu’aucune décision n’ait été prise, que ce soit pour sa réparation ou sa démolition.

Le pont de Libeň, photo: ČTK
C’est le pont le plus long de Prague. Construit en 1928, le pont de Libeň n’est donc pas tout jeune puisqu’à dix années près, il a presque le même âge que la Tchécoslovaquie indépendante, née sur les ruines de l’Empire austro-hongrois. Problème : malgré son grand âge, sa structure porteuse n’a jamais été restaurée… Et cela fait plus d’une dizaine d’années que son état suscite les inquiétudes des pouvoirs publics. Autre problème : cela fait aussi plus d’une dizaine d’années que rien n’a réellement été entrepris pour y trouver une solution.

Face à l’état de dégradation du pont, la mairie de Prague a donc fait un choix drastique la semaine dernière : la fermeture pure et simple du pont aux véhicules quels qu’ils soient, permettant toutefois aux piétons et cyclistes de le traverser. Une décision prise en catimini dans la soirée du jeudi 18 janvier, qui a surpris plus d’un riverain le lendemain matin.

Pour Petr Dolínek (ČSSD), adjoint à la maire de Prague, la question de l’avenir de ce pont est liée aux années de retard pris sur la recherche d’une solution :

Petr Dolínek, photo: Jana Trpišovská
« C’est un vrai problème. En 2015, j’ai essayé de convaincre tout le monde qu’il était nécessaire de faire des travaux. Puis, des expertises ont montré qu’il faudrait faire des travaux sur plus de la moitié du pont, voire envisager de remplacer la plupart de ces parties. Seulement, en 2016, sur proposition de M. Čizinský, le maire de Prague 7 et d’autres activistes, il a été décidé de ne lancer aucuns travaux. J’ai fait ce que j’ai pu pour que le pont continue de fonctionner pour les transports publics et les voitures. Mais on voit bien que quand il n’y a pas de volonté politique et que les positions des activistes sont privilégiées en dépit du bon sens, on en arrive à de telles extrémités. »

Ce pont de Libeň donne des cheveux blancs aux conseillers municipaux de Prague depuis des années. D’un côté, les partisans d’une démolition estiment que sa valeur architecturale n’est pas si significative et se réfèrent aux recommandations de l’Administration technique des voiries qui, il y a quelques années, avait présenté le projet d’un nouveau pont. De l’autre, il y a ceux qui souhaitent sa conservation et invoquent son classement comme monument culturel. Aujourd’hui, la ville de Prague attend que le ministère de la Culture tranche sur le statut du pont, afin de pouvoir au moins entamer des travaux.

La question de l’état et de la sécurité des ponts de Prague s’est faite particulièrement cruciale ces derniers temps, en raison de l’effondrement d’une passerelle dans le quartier de Troja à la fin de l’année dernière. Matěj Stropnický (Verts), conseiller municipal à la mairie de Prague et président du conseil municipal pour les transports, a appelé Petr Dolínek à faire expertiser l’ensemble des ponts de Prague présentant un mauvais classement dans l’échelle de valeur jugeant de leur état.

Le pont de Libeň, quant à lui, devrait encore rester fermé jusqu’à ce que certains travaux de consolidation soient entrepris.