Le mystère de la poule d’or

Levý Hradec
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Levý Hradec, la plus ancienne église qui fut construite en Bohême il y a bien plus de mille ans, se trouve non loin de Prague sur un bec de la rive droite de la Vltava. A l’origine il y avait en ces lieux un temple en bois et un lieu de sacrifice sur lequel était assise une poule couveuse d’or avec douze poussins.

Levý Hradec
On dit que les Slaves l’apportèrent lorsqu’ils arrivèrent en Bohême pour s’y établir. Lorsque la poule gloussait, l’or de ses plumes scintillait, les poussins levaient la tête et battaient des ailes comme s’ils voulaient s’envoler. Le gloussement de la poule était soit gai, soit triste. Le gloussement gai annonçait un heureux événement, alors que le gloussement triste annonçait un drame ou une tragédie. Comme la poule gloussait de préférence la nuit, les prêtres païens prenaient la relève toutes les douze heures et veillaient donc auprès du volatile toute la nuit pour ne pas manquer le gloussement prophétique.

Levý Hradec, photo: Roman Casado
Lorsque le prince de Bohême Bořivoj se fit baptiser et revint avec son épouse à Levý Hrádek, tout le monde était content, sauf les prêtres païens qui montraient ouvertement leur mécontentement. Ils annoncèrent au peuple qu’une telle conversion ne pouvait être que considérée comme une trahison des dieux païens et que suite à cela la poule d’or aurait gloussé la nuit même pour la dernière fois. Ensuite ils jetèrent la poule d’or avec les poussins dans le puits qui se trouvait dans la cour. Le peuple fut très fâché et cria vengeance aux prêtres, mais le prince Bořivoj les dissuada de commettre un crime sanglant, leur expliquant que la foi chrétienne était meilleure et les protègerait mieux que les dieux païens. Sur ce, l’épouse du prince Bořivoj planta à l’endroit où se trouvait auparavant la couveuse d’or une croix. Les prêtres païens quittèrent les lieux tête basse et on ne les revit plus jamais.

Pourtant les gens des villages les plus proches entendaient parfois la poule couveuse glousser. Cette légende persista dans la mémoire des gens et fut transmise de génération en génération. On entendit glousser le volatile d’or pour la dernière fois au XIVe siècle et son gloussement fut gai.

Václav Beneš Třebízský
Jeter une poule avec ses poussins dans un puits est certes un geste cruel, mais les coutumes païennes étaient très cruelles qu’il s’agisse de celles des Slaves, des Celtes ou autres. La question se pose de savoir si ce fut une légende ou la réalité. Il est fort probable que la poule ait réellement existé. Sauf qu’elle ne fut pas en or, mais jaune et le reflet doré était un simple jeu de lumière. Les gens l’auraient entendu glousser pour la simple raison qu’elle avait survécu à la chute dans le puits et était ensuite morte de faim, ainsi que les poussins. Ce que les gens entendirent pendant les années, décennies et siècles qui suivirent ne fut probablement que le fruit de leur propre imagination ou alors le gloussement d’une poule quelconque. Puis l’histoire se perdit, remplacée par une autre peut être plus passionnante. J’ai trouvé l’histoire de la poule d’or dans les anciennes archives, puis j’ai également puisé dans un livre de contes et histoires écrit par l’écrivain tchèque Václav Beneš Třebízský.

Et voici, chers auditeurs, une seconde petite histoire mystérieuse plutôt triste. Cela s’est passé il y a presque deux siècles aux alentours de la région appelée le Paradis tchèque.

A l’époque vivait dans une petite ville, non loin de là, un couple qui tenait un commerce de produits alimentaires de toutes sortes. Une fois tous les quinze jours, le marchand allait tôt le matin chercher des provisions dans une ville un peu plus grande et revenait tard le soir. Une fois au retour, il dit à sa femme qu’en passant entre les rochers il en vit sortir de petits lutins qui lui demandaient des friandises. Ne voulant guère leur en donner, les petites créatures le menaçaient apparemment de mort. Comme il était en état de légère ébriété, son épouse prit les paroles de son mari à la légère. Mais quinze jours plus tard, le marchand répéta à sa femme exactement la même histoire. Là encore la marchande haussa les épaules et n’y pensa plus.

Quinze jours plus tard le marchand parti pour la ville, le soir il ne revint pas. Sa femme ne s’inquiéta guère de son absence, pensant qu’il s’était peut-être attardé à l’auberge avec quelques amis. Mais la nuit passa et le marchand ne revenait toujours pas. Sa femme partit alors avec quelques voisins à sa recherche. Ils prirent le même chemin qu’il avait l’habitude de prendre. Lorsqu’ils arrivèrent à mi-chemin, ils virent avec stupéfaction que la route était coupée par un énorme rocher. Ce fut avec horreur que l’épouse du marchand vit sous l’énorme bloc de pierre une main – celle de son mari. Le rocher l’avait complètement aplati ! Mais comme il aurait été trop compliqué de le sortir, on décida de le laisser là où il était. La femme du défunt organisa de respectables funérailles et pleura sincèrement son mari. Mais le cercueil fut enterré vide. La tombe du marchand était désormais sous le rocher.

Le mystère des petits lutins est simple. Ce fut effectivement l’esprit brouillé par l’alcool du marchand qui lui joua des tours. Et la chute du rocher fut un accident. Il reste pourtant étrange que six mois après, l’histoire se répéta. Par contre il s’agissait cette fois d’un homme qui n’avait jamais bu une goutte d’alcool. Malgré cela il avait tout de même rencontré des lutins qui lui demandaient des friandises et le menaçait lorsqu’il ne voulait pas leur en donner.


Cette fois-ci j’ai pour vous un plat à base de sarrasin. C’est d’ailleurs une recette ancienne.

Sarrasin aux champignons et à l’oignon

500g de sarrasin, un gros oignon (même blanc), une gousse d’ail, chanterelles ou bolets (quantité au choix)

Faites bouillir approximativement un 1/2 litre d’eau salée. Versez le sarrasin dans l’eau bouillante, remuez et retirez du feu.

Mettez la casserole sous une couverture (ou mieux, un édredon) et laissez pendant une trentaine de minutes.

Faites revenir sur une poêle avec de l’oignon, de l’ail écrasé et des champignons (bolets ou chanterelles).

Assaisonnez à votre goût.

C’est très simple, bon et sain. Pour la prochaine fois je vous réserve un plat de fêtes : de la dinde aux champignons et un gâteau.

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