Le mystère des statues du monastère des bénédictins

Bezdez, photo: CzechTourism

Les galeries souterraines existaient et existent encore dans le monde entier. Pour la plupart il s'agissait d'un système ingénieux ayant servi à échapper aux assaillants. Ainsi donc châteaux, citadelles, églises, cloîtres, monastères, calvaires et demeures seigneuriales étaient liés par un réseau de galeries souterraines débouchant dans les forêts et champs ou parfois aboutissant à la rivière. Un système identique existait dans les villes. Pratiquement chaque maison possédait une galerie souterraine, qui à travers un carrefour central menait à l'extérieur de la ville.

Bezdez, photo: CzechTourism
Par exemple à Bela pod Bezdezem, petite ville pittoresque, située en Bohême centrale l'inscription sur la plaque au mur de la maison portant le numéro 27 dit que dans le temps une galerie souterraine menait depuis la maison jusqu'au château Bezdez se trouvant à proximité. Vrai ou faux - difficile à prouver, mais toutefois cette légende a inspiré le célèbre compositeur tchèque Bedrich Smetana à écrire son opéra le Secret (Tajemstvi). Le réseau des galeries souterraines était extrêmement dense sur tout le territoire de la Bohême et de la Moravie. Elles étaient creusées dans de la roche, de la terre ferme ou dans de l'argile avec voûte armée. Et dans l'émission d'aujourd'hui il sera question d'une galerie souterraine et de statues en or et argent mystérieusement disparues.

La ville de Trebic, classée monument UNESCO, est située à une soixantaine de kilomètres de Brno, capitale de la Moravie. La ville est dominée part un magnifique château. A l'origine c'était un monastère bénédictin, fondé au début du XXIIe siècle par Oldrich de Brno et Lutold de Znojmo, princes de la souche des Premyslides de Moravie. Le monastère avait deux galeries, voies d'évasion devant l'ennemi. L'une des deux partait depuis la crypte et menait jusqu'à la rivière Jihlava. La seconde galerie débouchait probablement dans une clairière ou un champ. Au cours du mouvement hussite les guerres ravageaient le pays et l'abbé du monastère Benes de Lomnice, craignait que les hordes de soldats hussites déchaînées pillent le monastère. Par précaution il décida de cacher les plus précieux objets liturgiques dans l'une des galeries souterraines. Il estimait qu'en ces lieux les objets seraient en sécurité et lorsque le moment viendra on pourra les ressortir. Ainsi avec l'assistance de deux moines il descendit douze statues d'apôtres en argent et la statue du Christ en or dans la galerie ou il les fit enfouir. L'abbé Benes de Lomnice mourut en début des années vingt du XVe siècle. Peu après les hussites prirent la ville de Trebic ainsi que le monastère d'assaut et l'occupèrent. Depuis leur siège provisoire ils partaient en escapades pour attaquer les marchands et piller les cloîtres et monastères des environs. Les années passèrent...En fin de compte les hussites levèrent définitivement le camp en 1435. Ce fut le moment d'excaver les objets liturgiques. Les moines qui avaient enfuit les objets avec l'abbé Benes de Lomnice descendirent dans la galerie et creusèrent. Mais ils ne trouvèrent que les statues en argent des douze apôtres. Le Christ en or avait disparut. Comme l'abbé Benes n'avait pas laissé de message précis, on ne puis suivre aucune indication et les moines se contentèrent des statues d'apôtres.

Après quelques décennies le danger menaçait à nouveau la ville de Trebic et le monastère. L'abbé Matej fit emporter les statues des douze apôtres au château Veveri. Puis ce ne fut qu'en 1710 que la foudre fit écrouler l'un des murs du château Veveri. Dans les décombre du mur le comte de Sinzendorf, propriétaire de l'époque, trouva un parchemin avec un message. Le message disait que précisément à midi l'ombre de la queue du paon montrera la direction du lieu ou se trouvait enfuit un trésor. Le comte suivit l'indication et trouva les statues en argent des douze apôtres. Par contre la statue du Christ en or ne fut jamais retrouvée. Les gens disent que c'est une preuve incontestable que la terre garde les trésors des ancêtres. Mais il existe deux explications. Soit les moines avaient volé et vendu la statue du Christ, puis avaient bien profité de l'argent acquis. Ensuite ils feignaient d'avoir oublié l'endroit de l'emplacement. Soit les moines avaient vraiment oublié le lieu de l'enfouissement du précieux objet et la statue repose toujours quelque part dans la galerie souterraine, aujourd'hui à moitié ensevelie. Il se peut donc qu'un beau jour un géologue, un archéologue ou un touriste perdu trouvera par hasard la statue du Christ en or. Vous pouvez tenter votre chance, chers auditeurs !

Et maintenant un peu de gastronomie de la région de Trebic. Ce coin du pays appelé Hauteurs tchéco-moraves était à l'origine très pauvre. Les habitants de la région se nourrissaient principalement de pommes de terre qui étaient le produit de culture principal. La viande se mangeait rarement, plus pendant les fêtes ou en cas d'occasions solennelles. Il y a donc énormément de plats variés à base de pommes de terre. Cette fois-ci ce seront les galettes de pommes de terre aux choux. Pour cuisiner ce plat il vous faut :

1 kg de pommes de terre, deux oeufs, farine première ou boulangère, du sel, une pincée de marjolaine, 500 g de choucroute, 250 g de lard fumé (de préférence au gros sel), un gros oignon.

Peler et râper fin les pommes de terre crues dans un récipient adéquat. Ajouter les oeufs et la farine. Ainsi vous aurez une sorte de pâte qui devrait être un peu liquide, mais assez consistante, sans être compact. Ajouter le sel et la marjolaine au goût.

Faire chauffer de l'huile dans une poêle.

Remplir une louche de pâte liquide et en étaler une galette sur la poêle (ainsi de suite remplir la poêle de plusieurs galettes) et faire frire jusqu'à elles soient dorées.

Ensuite retourner de l'autre côté.

Entre temps mettre la choucroute dans une casserole, ajouteur une à deux cuillère à soupe à ras de sucre et la cuire jusqu'à ce qu'elle soit ramolli.

Dans une autre poêle faire revenir l'oignon avec un minimum d'huile sans le brunir, ajouter du lard fumé coupé en fines lamelles et le griller.

Répartir la choucroute sur les galettes de pommes de terre et les garnir de lamelles de lard fumé et d'oignon.

C'est encore un plat relativement lourd pour une saison froide. Il convient donc très bien aux journées automnales lorsque le brouillard ou la pluie cache le soleil. Ce plat se marie bien avec de la bière, mais un bon vin ne casse pas.

J'espère qu'il vous plaira. Bon appétit!

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