Les Juifs et la Moravie

La conférence, Les Juifs et la Moravie, tenue dans la ville morave de Kromeriz, en était, cette année, à sa 10e édition. Il s'agit d'une manifestation unique en son genre, en Europe centrale, qui fait découvrir l'histoire et le présent de la communauté juive presque disparue, dans notre pays.

Thora
La communauté juive faisait, depuis le Xe siècle, partie de l'amalgame culturel de Prague. Les premières mentions sur la venue de Juifs en Moravie datent du début du XIe siècle. Avant 1938, environ 120 000 Juifs vivaient en Bohême et en Moravie, dont les deux tiers ont été victimes de la Shoa. Selon le dernier recensement de la population, 1568 personnes se sont déclarées de confession juive. La communauté juive de Prague évalue le nombre de croyants et pratiquants à 2300.

Les participants à la conférence de Kromeriz ont entendu 20 interventions rapprochant les différentes congrégations, familles et personnalités juives réputées ainsi que l'architecture de cette communauté. Le garant de la conférence, Petr Palka, précise:

"Depuis les 10 années de l'existence de cette conférence, on a réuni plus de 190 interventions qui seront éditées, d'ici à un an, dans un recueil. Celui-ci sera extrêmement utile, tant pour les milieux professionnels que laïques, on peut dire que sans les données et les contributions publiées dans ce recueil, il ne serait pas possible d'écrire quoi que ce soit sur la communauté juive en Moravie."

Parmi les participants à la conférence, le rabbin de Prague, Karol Sidon, qui a fait découvrir la vie des Juifs à Dolni Kounice, auquel les souvenirs et l'amitié avec une famille de ce village le lient.

Dans son intervention "Maharal et la Moravie", Daniel Polakovic du Musée juif de Prague, a évoqué un contemporain de Jan Amos Komensky, le rabbin Sabbataï Kohen. Sa tombe s'est conservée au cimetière juif de Holesov, avec d'autres 3000 pierres tombales que les jeunes gens du monde entier viennent entretenir. L'entretien des cimetières laissés, souvent à l'abandon, a une signification importante. Ces cimetières restent souvent le seul témoin de la présence d'une communauté juive presque disparue sur notre territoire.