Les Monts des Géants changeront d’image

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Direction, pour cette fois, les Monts des Géants, Krkonoše qui, comme nous venons de l’apprendre, s’apprêtent à changer d’image. La stratégie de développement des pistes dans les plus hautes et les plus traditionnelles des montagnes tchèques, annoncée la semaine dernière par la direction du Parc national des Monts des Géants, KRNAP, est un joli cadeau pour tous les amateurs de ski.

Après un an de travaux menés par une équipe d’experts sur commande du KRNAP et avec le soutien du ministère de l’Environnement, on connaît désormais les aménagements qui pourront être réalisés dans le Parc national des Monts des Géants sans trop endommager la nature environnante. Au total, 66 projets d’investissement soumis par des communes ont été examinés. Tout en évaluant la compatibilité des intentions avec les conditions naturelles, en tenant compte des changements climatiques et des capacités d’hébergement, l’équipe a livré son jugement : pas de nouvelles stations de ski, mais un élargissement des centres actuels, une amélioration de la qualité des services et la construction de nouveaux téléphériques qui relieront les différentes stations.

Parmi les 66 projets soumis, la réalisation d’un tiers d’entre eux n’a pas été recommandée par les experts.

Selon l’écologiste Pavel Klimeš, qui faisait partie de l’équipe, la tâche a été d’autant plus compliquée qu’il existe une contradiction entre la dépendance des communes montagnardes aux recettes des sports d’hiver et le fait que ceux-ci soient pratiqués sur le territoire d’un parc national. Selon quels critères, donc, la décision d’élargir le réseau des pistes a été prise ?

« Naturellement, tout dépend de la structure du Parc national. Celui-ci est divisé en trois zones fondamentales et il est évident que dans les deux premières zones qui sont des zones réglementées fortement protégées, toute intervention est un tabou. Dans le passé, ce tabou a été brisé dans le cas de Lysá hora – la Montagne chauve – qui se trouve à Rokytnice nad Jizerou : il s’agissait alors d’une décision politique qui s’est avérée mauvaise et il serait bon de trouver un moyen pour la réparer. »

Le ministère de l’Environnement et l’administration du Parc national des Monts des Géants ont donné leur feu vert à la réalisation immédiate de 31 projets : ainsi, deux stations de ski, Harrachov et Rokytnice, seront reliées dans un seul parc, et il en sera de même pour les pistes de descente de Pec pod Snežkou et de Velka Úpa. Certains projets, comme la construction d’un téléphérique à partir d’un parking à Pec pod Sněžkou jusqu’au chalet Severka sur les pentes nord, ont été qualifiés d’inacceptables.

Dans d’autres cas, un compromis est proposé : les experts ont recommandé, par exemple, de modifier le tracé d’un téléphérique qui devait mener au sommet de Medvědín, qui domine la station de Špindlerův Mlýn, pour le faire arriver au milieu de la montagne. L’objectif est d’éviter que le téléphérique et les pistes de descente traversent une ancienne forêt composée majoritairement d’hêtres précieux. La construction du téléphérique s’inscrit dans le cadre d’un gigantesque projet prévu par la société Skiareal Špindlerův Mlýn à hauteur de 850 millions de couronnes. Le téléphérique démarrera près du barrage sur l’Elbe dans la commune et reliera les pistes de Medvědin – Mont des ours, et de Svatý Petr – Saint Pierre. Le maire de Špindlerův Mlyn n’est pas d’accord avec le plan selon lequel le téléphérique s’achèvera à mi-chemin du sommet de Medvědín. Le directeur du Parc national, Jan Hřebačka, rétorque que les Monts des Géants ne sont pas les Alpes et que l’objectif de l’équipe d’experts était justement de trouver un compromis permettant un développement durable du tourisme, tout en sauvegardant les priorités de la mission du Parc national.

Pour ce qui est de l’image des Monts des Géants d’ici à 20 ans, il sera intéressant de voir ce qu’il y aura de nouveau à Pec pod Sněžkou, la première station de ski de la partie orientale des Monts des Géants, située juste au pied de leur plus haut sommet, Sněžka et ses 1602 mètres. La petite commune de 600 habitants permanents a des projets ambitieux pour attirer les touristes qui, ces dernières années, privilégient les pistes spacieuses en Autriche, en Italie et en France. Leur réalisation n’est toutefois pas facile, observe le maire de Pec pod Sněžkou, Alan Tomášek :

« Le premier projet, c’est la reconstruction du télésiège menant au sommet de Sněžka : nos efforts de huit ans ont abouti à une entente avec le Parc national des Monts des Géants. Nous avons obtenu le permis de construire, mais nos moyens financiers ne suffisent pas pour commencer les travaux dont le coût dépassera les 450 millions de couronnes. La direction du parc n’a pas donné son autorisation pour augmenter la capacité du télésiège qui est de 258 personnes par heure, ce qui signifie que nous ne pourrons pas compter sur les recettes du trafic du télésiège, qui ne suffiront même pas pour rembourser les taux d’intérêt, sans parler du remboursement du crédit. »

Pour cette raison, la commune a décidé de demander des subventions des Fonds européens, et ce à hauteur de 85% des dépenses prévues. Selon le maire, difficile de parler dans ce cas précis d’une subvention et d’une concurrence inadéquates, comme certains le lui reprochent, car les pistes de ski ne se trouvent pas sur Sněžka et le télésiège a un tout autre rôle que de transporter les skieurs à son sommet:

« C’est le seul moyen d’accès, la seule voie de communication de la République tchèque qui permet d’accéder au sommet de la plus haute montagne. Le télésiège est, dans ce cas précis, un moyen de transport qui permet d’acheminer de l’eau potable, d’approvisionner les chalets. Le mont ne possède ni canalisations ni eau. Pour nous, c’est comme une route, une seule route en plus. »

Plus de 6 millions de touristes ont été transportés par le télésiège de Pec pod Sněžkou jusqu’au sommet de Sněžka, avec une station intermédiaire sur le flanc de Růžová hora – le Mont rosé. Le télésiège est en service depuis 60 ans, alors qu’au moment de sa mise en marche, le délai prévu était de 17 ans. Le trafic est sûr, mais il ne répond plus aux standards actuels. Le nouveau télésiège sera plus confortable, ce seront des cabines couvertes, et l’accès sera plus facile également pour les personnes handicapées.

D’autres nouveautés sont prévues pour attirer les touristes à Pec pod Sněžkou – un parc de loisirs baptisé Relax park qui propose, entre autres, une piste de bob dont la principale distinction est d’avoir été construite sur une pente assez raide : la surélévation est de 90 mètres. Le parc propose par ailleurs aussi des trampolines, des toboggans, des activités d’escalade, ou une descente en rappel : sur un parcours long de plus de 200 mètres, on surfe au-dessus d’un barrage et des têtes des touristes, tout en regardant les monts d’en haut. Bientôt, les touristes pourront également profiter d’un autre panorama sur la plus haute montagne tchèque qui s’ouvrira du haut d’une nouvelle tour panoramique qui sera érigée sur le mont Hnědý vrch - Mont brun :

« En ce moment, on a terminé les fondations, pendant l’hiver on achèvera la construction en acier et, au printemps prochain, nous la mettrons sur place. La mise en service est prévue pour le mois de juin prochain. Avec ses 30 mètres, cette tour sera la plus haute sur les Monts des Géants. »

L’objectif du maire de Pec pod Sněžkou, ainsi que de toute la conception de développement adoptée, est de proposer le maximum de possibilités de sport et de loisirs dans les Monts des Géants. C’est pour cela que ses différentes stations sont reliées par un système de skibus et de cyclobus auquel s’ajouteront donc à l’avenir de nouveaux téléphériques.

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